Au Cameroun, les revenus des cacaoculteurs replongent. Après trois années de flambée historique, le prix payé aux producteurs est brutalement retombé à ses niveaux d’avant-crise. Au 5 mars, il s’établit désormais entre 1 050 et 1 150 FCFA le kilogramme de fèves, selon les données compilées par l’Office national du cacao et du café (ONCC). Ces tarifs représentent une chute d’environ 58 % par rapport aux prix observés en début d’année, qui oscillaient encore entre 2 500 et 2 650 FCFA/kg. Ce recul spectaculaire s’inscrit dans un mouvement plus large touchant les principaux pays producteurs d’Afrique de l’Ouest. En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, le gouvernement a récemment réduit de près de 60 % le prix bord champ, désormais fixé à 1 200 FCFA/kg pour la campagne intermédiaire ouverte en mars.
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Ces réajustements à la baisse des prix des agriculteurs interviennent dans un contexte de chute des cours mondiaux et d’une crise de surstockage. En effet, la spéculation souffle le chaud et le froid sur le cacao. Le cours du cacao a connu une année 2024 exceptionnelle, marquée par une surchauffe continue. En raison de fortes tensions sur l’offre mondiale, les prix ont atteint des sommets inédits en décembre 2024, s'approchant des 13 000 dollars la tonne (environ 7,3 millions FCFA) sur la place boursière de New York. Cependant, le vent a tourné à la fin de l’été 2025, jetant un froid sur l’euphorie des salles de marché. Depuis, le cours du cacao se dégrade au même rythme que le nombre de contrat à terme signé dans les différents ports des pays producteurs.
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En conséquence, les producteurs camerounais subissent les affres de cette crise étant donné que le prix de la fève camerounais évolue en temps et en heure avec celui du marché mondial (à la différence de la Côte d’Ivoire qui fixe, 2 fois par an un prix uniforme pour chacune des campagnes). De l’autre côté, les producteurs camerounais sont également victimes des multiples reports de l’entrée en vigueur de la loi de l’UE sur les exportations agricoles liées à la déforestation (RDUE). Prévue pour être appliquée dès décembre 2026, ce texte cible principalement l’huile de palme, le cacao, le café, le soja et le bois en provenance des pays d’Afrique.
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Les pays de l’Union européenne sont les principales destinations du cacao camerounais, absorbant en moyenne 80% des volumes exportés chaque années depuis 2023.
Bien que les tendances du marché mondial du cacao repartent brièvement à la hausse de temps à autre (comme cela a été le cas durant la semaine du 2 février 2026 avec une hausse de 2,1% du cours), cet effet ne tient pas assez longtemps pour faire effet sur les producteurs obligeant certains Etats à racheter les stocks de cacaos invendus. Le gouvernement ivoirien a racheté début février environ 130 000 tonnes de cacao stockés dans les entrepôts pour un coût estimé à environ 500 millions USD, afin d'apporter des liquidités aux producteurs en attente de paiement.
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