Au Cameroun, une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Christine Dieterich, a clôturé ses travaux le 12 février 2026 après deux semaines d'évaluation. Ces consultations, axées sur l'évolution récente et les perspectives économiques à court et moyen terme, ont permis à l’institution de Bretton Woods d’analyser les finances publiques du pays. Le constat est marqué par une détérioration budgétaire en 2025, étroitement liée d’une part, au contexte de l’élection présidentielle du 12 octobre et d’autre part, au train de vie de l’Etat. « Les données préliminaires indiquent que la performance budgétaire s’est affaiblie en 2025 au milieu des incertitudes liées aux élections, annulant en partie l'amélioration régulière de ces dernières années ».
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Dans le détail, le FMI estime que le déficit budgétaire global s'est creusé, passant d'environ 1,5 % du PIB en 2024 à environ 2 % en 2025. A l’origine de cette détérioration, le déficit primaire hors pétrole — indicateur qui mesure la capacité de l'État à financer son train de vie par ses seules ressources pérennes (impôts, douanes, taxes…) sans l'apport de la rente pétrolière volatile — devrait s'établir à 2,6 % du PIB, alors que l'objectif initial était de 1,4 %. « Cela s'explique par une contre-performance des recettes non pétrolières et, comme ces dernières années, par un dérapage des dépenses courantes (salaires, carburant, frais de mission, etc. Ndlr) qui a plus que compensé le retard d'exécution des dépenses d'investissement », précise le FMI.
Il convient de souligner que, dans la loi de finances rectificative de l’exercice 2025, les dépenses budgétaires du Cameroun avaient été arrêtées à 5 698,3 milliards de FCFA, soit une hausse de 8% par rapport à 2024. Les recettes, projetées à 5 394,4 milliards FCFA (+2,8%) laissaient apparaître un solde budgétaire déficitaire de 303,9 milliards de FCFA, équivalant à -0,9% du PIB selon les prévisions gouvernementales. Pourtant, l'exécution budgétaire a connu des trajectoires sinueuses. A en croire les données du ministère des Finances, le pays avait entamé le premier trimestre 2025 avec des dépenses courantes de 520,2 milliards FCFA à fin mars, en baisse de 228,8 milliards FCFA (-30,5 %) par rapport à 2024.
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A l'inverse, les recettes atteignaient 1 507,7 milliards FCFA sur la même période, en repli de 54,4 milliards (-3,5 %) en glissement annuel. Ce niveau de mobilisation ne représentait qu'un taux de réalisation de 82,2 % par rapport à l'objectif de 1 834,6 milliards, une sous-performance déjà imputable « à la fois aux recettes internes et aux emprunts et dons ». La tendance s'est toutefois inversée à l'approche de l'échéance électorale. Au cours des neuf premiers mois de 2025, soit un mois avant le scrutin, les dépenses courantes (hors intérêts) ont rebondi pour s'élever à 915,1 milliards de FCFA (+2,1 %). Parallèlement, les recettes se sont établies à 4 760,8 milliards de FCFA, affichant une progression de 28,2 milliards en glissement annuel.
Les recommandations du FMI
Si la mission du FMI a « salué » les efforts déployés par Yaoundé pour consolider la stabilité macroéconomique dans le cadre du programme achevé en juillet 2025, elle a néanmoins formulé des recommandations face aux défis structurels et politiques persistants qui « ont empêché le Cameroun d'accélérer sa croissance économique ». Les principaux chantiers de réforme incluent l'amélioration de l'accès au financement, le renforcement de la planification et de l'exécution des investissements publics, ainsi que l'extension des infrastructures par un recours accru aux financements concessionnels. Le Fonds préconise également de poursuivre l'accroissement des recettes intérieures non pétrolières, d'opérationnaliser le Compte Unique du Trésor et d'approfondir le marché financier régional. La mission a, en outre, insisté sur la nécessité de muscler la gestion des finances publiques, notamment par « les contrôles des engagements et l'évitement des dépenses hors budget ».
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