Les compagnies d’assurances camerounaises veulent étendre le champ des assurances obligatoires à de nouveaux pans de l’économie tels que logements, marchés, stades, biens de l’État, santé en entreprise, retraite complémentaire, loyers et même frais funéraires des salariés. À travers l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (ASAC), l’industrie mène une offensive méthodique auprès du Comité national économique et financier (CNEF) et des pouvoirs publics pour appliquer ce plaidoyer qui permettrait de faire passer le poids du secteur de 0,9% du PIB à au moins 2% d’ici 2030, selon un document consulté par EcoMatin.
Appliquer les obligations existantes
En 2025, le marché camerounais des assurances a pourtant franchi un nouveau palier, avec près de 300 milliards de FCFA de chiffre d’affaires, tirées principalement par l’automobile et la santé. Pour l’ASAC, cette dynamique reste encore très en deçà du potentiel réel d’un pays de plus de 30 millions d’habitants, fortement exposé aux risques urbains, immobiliers, sanitaires et professionnels.
Le cœur du plaidoyer des assureurs repose d’abord sur la meilleure application des obligations déjà prévues par les textes, souvent ignorées dans la pratique. C’est le cas de l’assurance tous risques chantiers et de l’assurance responsabilité civile décennale, pourtant obligatoire pour les chantiers supérieurs à 100 millions de FCFA. Le lobby pousse désormais pour que les attestations d’assurance deviennent des pièces bloquantes dans les procédures administratives, qu’il s’agisse du permis de bâtir, de l’enregistrement d’un bail, de l’agrément hôtelier ou du renouvellement du numéro d’ordre des professions libérales.
C’est également le cas pour l’assurance location conteneur (ALC) qui couvre les risques financiers liés à l'utilisation, aux dommages ou à la perte de conteneurs maritimes loués par un chargeur (importateur/exportateur) auprès d'un armateur. Bien que obligatoire, celle-ci est rarement exigée au moment du dédouanement, estiment les compagnies.
Incendie, responsabilité civile locative, retraite complémentaire…
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L’autre axe majeur du plaidoyer vise cette fois les ménages et les entreprises, avec l’ambition de faire entrer l’assurance dans les dépenses courantes de la vie économique et sociale. L’ASAC pousse ainsi pour rendre obligatoires plusieurs couvertures : l’assurance habitation contre l’incendie, la responsabilité civile locative, la couverture santé dans les entreprises d’au moins 50 salariés, la retraite complémentaire, l’indemnité de fin de carrière, ainsi que les garanties décès et frais funéraires. « En complément des prestations servies par la CNPS, l’ASAC souhaite que les entreprises d’au moins 50 salariés souscrivent obligatoirement des couvertures d’assurance retraite complémentaire pour leurs personnels ».
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Pour les entreprises, cela permettrait d’amortir les chocs de trésorerie liés aux départs à la retraite, aux décès d’employés ou aux dépenses médicales lourdes. Pour les compagnies, ces produits constitueraient des portefeuilles de long terme, susceptibles d’alimenter les placements institutionnels sur le marché financier régional, notamment en titres publics et obligations privées. Mais cela constituerait également de nouveaux postes de dépenses pour les assurés.

