Les importations de poissons congelés ont coûté 125,4 milliards FCFA au Cameroun durant les six premiers mois de l’année 2025. Selon le ministère des Finances, ce montant témoigne une hausse de 45,5% comparativement à la facture de la même période l’année d’avant, estimée à 86 milliards FCFA. Une évolution imputable à « l’augmentation des volumes à 27,3% » ; au premier semestre 2025, le Cameroun a importé 151 millions de tonnes de poissons contre 111 millions un an plus tôt.
De fait, selon le gouvernement, le choix de multiplier les importations vise à combler la production nationale qui peine encore à satisfaire la demande locale en poissons, évaluée à 500 000 tonnes/an. Selon la programmation économique et budgétaire 2025-2027, la production de poisson était évaluée à 197 842 tonnes au cours des neuf premiers mois de l’année 2025, en hausse de 5% en glissement annuel. Une production projetée à 600 000 tonnes en 2027 pour une augmentation de 166,67% en quatre ans. Ceci grâce à des actions orientées vers « la construction et la réhabilitation des infrastructures de pêche et la mise en œuvre du Plan intégré d'import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah) », a annoncé le Minfi.
LIRE AUSSI : Cameroun : la production de poissons repart à la hausse, mais le pays reste dépendant des importations
Bien avant cette disposition et toujours dans le but d’accroitre la production locale et inverser la tendance des importations, le gouvernement s’est engagé à accorder de nombreuses facilités aux exploitants de la filière poisson. A travers notamment le Programme d’appui au développement de l’entreprenariat aquacole (Pdea), lancé en mars 2022 et doté d’un financement de 21,3 milliards FCFA pourvus par le Fonds international de développement agricole (Fida). L’on note également le Projet de promotion de l’entreprenariat aquacole (Ppea), qui a contribué à doubler la production aquacole camerounaise entre 2016 et 2019, passant de 5 000 à 10 000 tonnes par an.
LIRE AUSSI : Cameroun : neuf cabinets shortlistés pour former les pêcheurs de Kribi
Des programmes effectifs mais qui n’ont pas encore atteint leurs performances optimales quand on sait qu’en 2026, les importations de produits agricoles et halieutiques devraient chuter de 40% tel que prévu par le Plan triennal d’import-substitution intégré (2024-2026) prescrit par le chef de l’Etat le 31 décembre 2023. Pour l’heure, l’option des importations grandissantes, bien que considérablement coûteuse pour l’économie du pays, demeure l’issue la plus concrète pour couvrir la demande des ménages.

