Au Cameroun, les importations d’huile de palme ont coûté plus de 92 milliards FCFA pour le compte de l’année 2025. L’Institut National de la Statistique (INS) dans sa note sur le commerce extérieur révèle que cette facture correspond à une hausse de 84% en glissement annuel. Elle a servi à l’achat de 130 mille tonnes d’huile de palme contre 69 mille tonnes l’année précédente.
Le recours massif à ces importations, principalement en provenance d’Asie du Sud-Est et d’Afrique de l’Ouest, est une conséquence directe du déficit entre la production et la demande du marché local. Selon les données de l’Association des Raffineurs des Oléagineux du Cameroun (ASROC), les besoins industriels en huile de palme brute sont évalués à près de 1,18 million de tonnes par an, contre une production nationale estimée à 446 884 tonnes en 2024. Ce qui oblige alors les raffineries et les savonneries à multiplier les achats extérieurs pour approvisionner les populations.
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Dans le but de réduire le fossé entre l’offre et la demande, de nouveaux acteurs et de nouvelles plantations font progressivement leur entrée sur le marché local. Tout récemment d’ailleurs, le 19 mars 2026, la société agro-industrielle SCS ALID, filiale du groupe camerounais Fotso Jean II, a signé un protocole d’accord (MoU) avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader). L’engagement estimé à 39,4 milliards FCFA, vise la mise en œuvre d’un vaste projet de plantations industrielles de palmier à huile sur une superficie de 25 000 hectares à Yoko, dans le département du Mbam-et-Kim (région du Centre).
L’État s’est alors engagé à mettre à disposition le foncier nécessaire permettant à l’agro-industriel d’aménager les plantations et développer les infrastructures de transformation associées, pour générer jusqu’à 216 000 tonnes d’huile brute à la huitième année d’exploitation. Ce qui pourrait à terme, a indiqué le Minader, réduire d’environ 40 % les importations nationales d’huile de palme.
Globalement, faut-il le rappeler, la facture des importations des produits du règne végétal a connu une baisse de 12,5% par rapport à l’année précédente. Elle s’est ainsi chiffrée à 546 milliards FCFA, grâce à la margarine (substituant du beurre de cuisine, fabriquée à partir des huiles végétales) dont les importations ont chuté de 37,9% en glissement annuel passant de 2,2 milliards en 2024 à 1,4 milliard FCFA en 2025.

