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Conjoncture

Cameroun : les importations d’huile de palme grimpent de 84% à 92 milliards FCFA en 2025

Face à un déséquilibre persistant entre production locale et demande, le Cameroun a vu ses importations d’huile de palme fortement augmenter, soulignant la nécessité de renforcer la filière nationale.

Publiée lundi 6 avril 2026 à 14:53:13Modifiée lundi 6 avril 2026 à 16:24:55Temps de lecture 3 minPar Danielle Noah

Des achats extérieurs qui coûtent de plus en plus cher à l'Etat (c) Classique de l'Info WP

Au Cameroun, les importations d’huile de palme ont coûté plus de 92 milliards FCFA pour le compte de l’année 2025. L’Institut National de la Statistique (INS) dans sa note sur le commerce extérieur révèle que cette facture correspond à une hausse de 84% en glissement annuel. Elle a servi à l’achat de 130 mille tonnes d’huile de palme contre 69 mille tonnes l’année précédente.

Le recours massif à ces importations, principalement en provenance d’Asie du Sud-Est et d’Afrique de l’Ouest, est une conséquence directe du déficit entre la production et la demande du marché local. Selon les données de l’Association des Raffineurs des Oléagineux du Cameroun (ASROC), les besoins industriels en huile de palme brute sont évalués à près de 1,18 million de tonnes par an, contre une production nationale estimée à 446 884 tonnes en 2024. Ce qui oblige alors les raffineries et les savonneries à multiplier les achats extérieurs pour approvisionner les populations.

LIRE AUSSI : Huile de palme : le groupe Fotso Jean II obtient un accord pour développer 25 000 ha de plantations à Yoko

Dans le but de réduire le fossé entre l’offre et la demande, de nouveaux acteurs et de nouvelles plantations font progressivement leur entrée sur le marché local. Tout récemment d’ailleurs, le 19 mars 2026, la société agro-industrielle SCS ALID, filiale du groupe camerounais Fotso Jean II, a signé un protocole d’accord (MoU) avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader). L’engagement estimé à 39,4 milliards FCFA, vise la mise en œuvre d’un vaste projet de plantations industrielles de palmier à huile sur une superficie de 25 000 hectares à Yoko, dans le département du Mbam-et-Kim (région du Centre).

L’État s’est alors engagé à mettre à disposition le foncier nécessaire permettant à l’agro-industriel d’aménager les plantations et développer les infrastructures de transformation associées, pour générer jusqu’à 216 000 tonnes d’huile brute à la huitième année d’exploitation. Ce qui pourrait à terme, a indiqué le Minader, réduire d’environ 40 % les importations nationales d’huile de palme.

LIRE AUSSI : Alain Fonin : « le Cameroun doit instaurer un cadre foncier attractif pour relancer la production nationale d’huile de palme »

Globalement, faut-il le rappeler, la facture des importations des produits du règne végétal a connu une baisse de 12,5% par rapport à l’année précédente. Elle s’est ainsi chiffrée à 546 milliards FCFA, grâce à la margarine (substituant du beurre de cuisine, fabriquée à partir des huiles végétales) dont les importations ont chuté de 37,9% en glissement annuel passant de 2,2 milliards en 2024 à 1,4 milliard FCFA en 2025.

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