Au Cameroun, la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry), est lourdement impactée par les inondations. Les pluies diluviennes qui s’abattent sur la région de l’Extrême-Nord depuis plusieurs semaines ont causé d’importants dégâts, paralysant ses activités. Selon des sources internes à l'entreprise publique, les eaux ont envahi les champs, endommagé les infrastructures d’irrigation et détruit une partie des récoltes. « Les inondations ont impacté toutes les activités de l’ensemble du département du Mayo Danay y compris la Semry. Avec ces inondations, beaucoup de nos champs ont été emportés par les eaux », confie un responsable de la structure. Pour l’heure, les pertes sont encore difficiles à évaluer, mais elles risquent d’entraîner des conséquences importantes sur la production nationale de riz et sur les revenus des milliers de producteurs qui dépendent de la Semry.
En plus des plantations ravagées, une source renseigne par ailleurs que « tous les engins de la Semry sont immobilisés ». Ceux-ci sont composés du matériel roulant, matériel de production et des engins de transformation. En effet, d’après notre interlocuteur, la situation de la Semry s’est davantage aggravée avec l’effondrement du pont sur le fleuve Danay survenu le 12 septembre dernier. Le principal ouvrage qui relie l’entreprise au reste de la ville de Yagoua où loge plusieurs de ses employés a cédé à cause des inondations. « Les routes sont inaccessibles ; donc on ne peut plus se rendre sur le terrain. D'ailleurs, pour aller au bureau ce n'est pas déjà évident avec l'effondrement du pont. Même le peu de personnel actif emprunte des pirogues pour se rendre au travail ». Cette infrastructure est pourtant cruciale pour la mobilité du personnel et l'approvisionnement du marché local.
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En claire, pour la Semry, ces catastrophes font planer le doute sur ses capacités à pouvoir atteindre ses prévisions de production pour l’année en cours. Dans le détail, l’entreprise qui ambitionne de faire passer sa production annuelle de riz paddy (riz non décortiqué) de 90 000 tonnes (récoltées en 2023) à 180 000 tonnes en 2024, pourrait passer à côté de cet objectif. Surtout que selon la direction de la météorologie nationale, les prévisions saisonnières annoncent une pluviométrie excédentaire avec des cumuls saisonniers estimés à 125% au-dessus de la normale pour la période d’août, septembre et octobre. La situation pourrait sans doute s’aggraver dans les prochains jours.
Il faut noter que cette situation n’est pas la première pour la Semry. On se souvient qu’en 2022, des pluies diluviennes ont détruit plus de 530 hectares de rizières de cette société faisant baisser sa production de 10,2% un an glissant, passant de 78, 350 tonnes en 2021 pour se situer à 70, 324 tonnes sur une culture de 12 500 hectares. La direction de protection civile du ministère de l’Administration territoriale (Minat) a d’ailleurs considéré, l’année 2022 comme celle de référence en matière d’inondations dans la vallée du Logone (Extrême-Nord) sur les 100 dernières années.

