Au Cameroun, la proportion de l’investissement public dans le budget de l’exercice 2024 ( 7 278,1 milliards Fcfa) se situe à 24,8%. Ce chiffre a été rappelé ce 23 septembre 2024 par Paul Tasong, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minépat) au cours de la 8e session du Comité technique interministériel d’experts chargés de l’examen des dossiers de maturité des projets d’investissement public soumis par les maitres d’ouvrages.
Ainsi, cette allocation est encore loin des 40% visés dans le cadre de la Stratégie nationale de développement (SND30). Par conséquent, « la limitation de l’espace budgétaire est loin d’assurer une prise en charge suffisante des projets en cours, et le démarrage des grands projets de deuxième génération », déplore le membre du gouvernement. Ce qui traduit une faible performance pour un pays qui cible un taux de croissance de 8% en 2030 contre 4% à date. En pleine préparation du budget de l’exercice 2025, le gouvernement élabore plusieurs pistes pour pouvoir rehausser l’allocation dédiée à l’investissement.
Anticiper sur les risques budgétaires
Dans la foulée, indique le Minépat, il découle « l’impérieuse nécessité » de n’inscrire de nouveaux projets au budget de l’Etat que lorsqu’il existe un espace budgétaire garantissant la prise en charge dans les délais desdits projets . Autrement dit, il faut tenir compte de l’analyse et anticiper sur les risques budgétaires au moment de lancer un projet quelconque. Une prescription qui a toute sa place quant on sait que de nombreux projets sont très souvent programmés avant même d’entamer des démarches en vue de la recherche du financement.
Bien plus, le Cameroun qui mise son parc infrastructurel pour franchir le pallier du développement, doit également renforcer l’efficacité de l’investissement public en mettant un accent sur la maitrise des coûts des projets et leur préparation ainsi que la qualité des dépenses. Cette maîtrise des coûts permettrait à l’Etat non seulement de prévenir des lenteurs liées aux fonds mais aussi, d’engranger quelques économies.
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Pour rappel, le Comité interministériel d’évaluation a tenu sa première session à fin octobre 2020. L’objectif visé à travers la mise en place de ce mécanisme était d’éviter des évaluations financières et techniques non appropriées qui impactent l’exécution de beaucoup de projets. En fin de compte, on déplore des cas, l’abandon des chantiers, la mauvaise exécution des travaux, le prolongement des délais de réalisation des travaux avec pour corollaire le renchérissement des coûts. Pour inverser la tendance, « il convient de réitérer les nouvelles orientations pour plus de fermeté dans l’évaluation des projets en extirpant toutes les activités qui ne concourent pas à la Formation brute du capitale fixe Fbcf) en rationalisation vigoureusement toutes les activités liées aux séminaires », a-t-on appris en marge du comité interministériel.
Au moment où les inondations font ravage au Cameroun (effondrement des ponts et des routes, etc.) causant de lourdes conséquences sur l’économie, les pouvoirs publics notent la nécessité de prendre en compte des aspects climatiques dans la maturation des projets. Cependant, il faut tout de même admettre que la méthodologie des acteurs de la chaine de maturation des projets n’est pas exempte de tout reproche au regard de l’emphase faite par le ministre délégué auprès du Minépat. Ce dernier a invité les équipes en charge de la maturation à « une plus grande attention », à «la plus grande rigueur » et à « être plus attentifs à la pertinence » des projets à soumettre à l’examen. Ces critères sont développés dans le décret du 21 juin 2018 du Premier ministre, fixant les règles régissant le processus de maturation des projets d’investissement public au Cameroun.

