Au Cameroun, la troisième et dernière session législative de l'exercice 2024 s’est ouverte le 12 novembre 2024 au Palais des Congrès. Axée sur l’examen et l’adoption du budget de l’Etat pour le compte de l'exercice 2025, elle revêt des enjeux aux attentes plurielles dans la mesure où c'est un moyen pour les parlementaires de se rassurer si les propositions formulées lors du débat d'orientation budgétaire en juillet dernier ont été prises en compte. Dans son discours liminaire, Cavaye Yéguié Djibril, le président de l’Assemblée nationale (AN) a donné le ton en appelant les pouvoirs publics à trouver des réponses concrètes aux catastrophes qui n’ont de cessent de décimer les vies humaines.
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Allusion faite aux inondations dévastatrices survenues à l'Extrême-Nord ou encore le double éboulement à la falaise de Dschang dans l’Ouest du pays en début novembre. « Je ne saurais terminer mon propos sans évoquer les changements climatiques. J’exhorte ainsi le gouvernement à tirer toutes les leçons des récents tristes évènements pour asseoir des mécanismes adaptés en amont comme en aval afin de mettre les compatriotes à l'abri des effets des catastrophes. A cet effet, il est souhaitable qu’une synergie d’action s’instaure entre le ministère chargé de l’Environnement et de la protection de la nature avec les autres administrations concernées… N'attendons pas que la catastrophe survienne car, ne dit-on pas que prévenir vaut mieux que guérir ? », a-t-il souligné. Le discours de serait sans doute par le contraire au niveau de la Chambre hausse qu’est le sénat.
Inflation, logements sociaux…
Du côté de l’Opposition, la députée du Pcrn (Parti camerounais pour la réconciliation nationale) Rolande Ngo Issi, estime l’une des attentes des parlementaires est d’avoir une réponse claire sur « le ping-pong » des prix autour du prix de la bière au Cameroun puisque le gouvernement maintient officiellement le prix de la bière à 650 Fcfa alors que sur le terrain, il a augmenté d’au moins de 50 Fcfa voire de 350 Fcfa dans l’arrière-pays. Pourtant, dans sa circulaire, le chef de l’Etat prévoit un taux d’inflation de 4% en 2025. Ce sera également une occasion de demander un « état des lieux » de certaines infrastructures telles que le Complexe sportif d’Olembé à Yaoundé ainsi que la réhabilitation de certaines routes dans le Grand Nord, le Centre, le Littoral, etc. Elle est rejointe dans cette posture par Koupit Adamou de l’UDC pour qui, le principal défi est d’intégrer dans la loi de finances, « de manière optimale les conclusions du débat d’orientation budgétaire de sorte que les prévisions budgétaires soient orientées vers la satisfaction de la demande sociale prioritaire », confie-t-il au quotidien gouvernemental Cameroon Tribune.
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Pour l’honorable Engelbert Essomba Bengono, ces résolutions concernent entre autres : le respect des délais de dépôt des projets de textes notamment la loi de finances initiale et la loi de finances rectificative ; le transfert effectif des compétences et des ressources correspondantes aux CTD ; le renforcement de l'élargissement de l'assiette fiscale ; la poursuite de la consolidation du solde budgétaire ; l'augmentation de la contribution du sous secteur gazier au budget de l'Etat ainsi que l’augmentation des recettes non fiscales au budget de l'Etat projetées à 354,8 milliards de Fcfa en 2025 contre 331 milliards de Fcfa attendus en 2024. Jume Peter du même parti politique scrute « l'amélioration des services de sécurité » quand on sait que la crise sécuritaire perdure dans 03 régions du pays (Extrême-Nord, Sud-Ouest et Nord-ouest).
Allocation des ressources, décentralisation
Sur un tout autre plan, il est question de finaliser les travaux d'infrastructures pour améliorer l'accès à l'eau potable, l'accès à l'énergie électrique, l'accès aux soins médicaux. Cette attente n’est pas fortuite dans la mesure où d’après les récents rapport de l’Institut national de la statistique (INS), des disparitions persistent entre les zones urbaines et les zones rurales sur la disponibilité de ces besoins basiques auprès des populations. D’après Essomba Bengono, le Parlement s’attend aussi à des mesures, des réformes pouvant prendre en compte « le niveau de fonctionnalité de l'allocation des ressources budgétaires destinées à la satisfaction des besoins socio-économiques du plus grand nombre de la population d'une part, et l'amplification de la décentralisation d'autre part ».

