Au Cameroun, plus de 1 000 enseignants relevant du ministère de l’Enseignement supérieur seraient rémunérés par le Trésor public alors qu’ils résident hors du territoire national, selon une correspondance du ministre des Finances, datée du 11 décembre 2025. « de l’analyse des données, il ressorts que 10 950 agents publics dont 1 033 de votre département ministériel ;seraient payés au fichier solde alors qu’ils ne résident plus sur le territoire nationale », écrit Louis Paul Motaze à son collègue des enseignements supérieurs Jacques Fame Ndongo.
Selon les données du ministère des Finances, les enseignants universitaires concernés représentent près de 10 % des agents publics identifiés comme vivant hors du territoire tout en percevant un salaire. À l’échelle de l’ensemble de la fonction publique, ce phénomène toucherait environ 3 % des effectifs, sur un total de 390 170 agents recensés fin 2024.
Cette situation intervient dans un contexte de forte tension sur la masse salariale. En 2024, le sous-secteur de l’enseignement supérieur, de la formation et de la recherche regroupait 13 258 agents, soit 3,4 % des effectifs, mais absorbait 4,56 % de la masse salariale nationale. Celle-ci est passée de 1 522,8 milliards FCFA en 2024 à 1 753,5 milliards FCFA en 2025, en hausse de 12 %.
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Pour inverser la tendance, le ministre des Finances tient à l’assainissement du fichier solde de l’Etat afin de maîtriser les dépenses. Pour ce faire, « j’ai l’honneur de transmettre pour clarification, de la position administrative réelle, la liste de vos personnel s ciblés dans le CD-Rom ci-joint. Vous voudriez bien dans un délai prompt de 45 jours, renvoyer à la Direction de la dépense de personnel et des pensions, les résultats de ce travail accompagné des justificatifs éventuels de la présence effective au poste : les correspondances administratives pouvant être transmises après. Il est important de rappeler que les suspensions de solde mise en cause sont engagées pour le mois de janvier 2026 », indique le Minfi.
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Pour rappel, le Cameroun a engagé depuis 2018 le Comptage physique des personnels de l’État (Coppe), destiné à assainir durablement le fichier solde de la fonction publique. Selon les instructions du chef de l’État, cette opération devait s’achever à fin 2025 avec la clôture de la phase contentieuse, marquée par la radiation définitive des agents reconnus absents, démissionnaires ou indûment rémunérés, ainsi que par la suppression des salaires et pensions irrégulièrement versés. Dans les faits, le phénomène persiste. Au premier semestre 2025, l’application AIGLES, mise en service pour fiabiliser la gestion des effectifs et de la solde, a identifié plus de 3 000 agents publics absents de leurs postes, illustrant les limites du processus d’assainissement engagé depuis plusieurs années.

