Dans le rapport d’évaluation à mi-parcours de la SND-30, le ministre camerounais de l’Economie est revenu sur le projet de réhabilitation de l’unité industrielle d’Alucam après l’incendie de 2018 ayant entrainé l’arrêt de la production et la chute des activités. Selon ledit rapport, l’enveloppe nécessaire au sauvetage d’Alucam est dorénavant estimée à 40 milliards FCFA, soit 10 milliards FCFA de plus que le besoin exprimé en novembre 2025. « Il convient de souligner que suite à l'incendie survenue en 2018 et ayant quasiment porté un coût d'arrêt à la production, une nouvelle évaluation des besoins de réhabilitation a été conduite […] les besoins jugés nécessaires sont estimés à plus de 40 milliards FCFA pour la remise en service complète de l'unité de production », peut-on lire. Dans la foulée, le document indique que les concertations à propos du projet d’extension de 25 % des capacités de l’entreprise sont en cours dans les services du premier ministre et l’étude de faisabilité de la 1ere phase devrait être achevée au courant de l‘année.
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Cette nouvelle facture représente une hausse de près de 33,3% du besoin financier relatif à la relance industrielle de la compagnie comparativement à ce qui était convenu dans le quitus donnant mandat à Financia Capital afin de mobiliser des fonds en vue de financer la rénovation intégrale de l'unité de production. Selon les informations d’EcoMatin, la société d’investissement basée au Cameroun, était sensée collecter 30 milliards FCFA auprès d’un pool bancaire en constitution, comprenant notamment Afriland First Bank et Ecobank, mais l’opération était en attente de validation des autorités de Yaoundé. « Un termsheet du pool bancaire mobilisé par Financia Capital a déjà été signé et transmis à l’Etat. Il ne reste plus que l’avis favorable des autorités de Yaoundé », indiquaient les responsables du projet en novembre dernier. Contacté par EcoMatin, les agents du département ministériel n’ont pas souhaité détailler les raisons de cette hausse. « C’est un projet en maturation, des études sont faites et les coûts peuvent être mis à jour… ça arrive », confie une source.
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Ainsi, huit ans après le court-circuit de la sous-station électrique alimentant l’usine d’Édéa et ayant endommagé 50% de l’outil productif du site, les ambitions du gouvernement camerounais pour la Compagnie sont encore en discussion. Cependant, Alucam a vu sa production d’aluminium primaire, essentiellement destinée à l’exportation décrocher, passant de 73 759 tonnes en 2017 à 34 431 tonnes en 2021, soit une contraction de 53,3 % en quatre ans. Celle-ci s’est partiellement redressée à 59 540 tonnes en 2022, avant de replonger à nouveau (-35% entre 2023 et 2024). Cette tendance se poursuit en 2025 selon la note de conjoncture du ministère des Finances qui indique qu’au 1er trimestre 2025 la production d’aluminium a reculé de plus de 40%. « La production des lingots et des plaques d’aluminium recule de 40,8 %, en lien avec l’arrêt de plus de la majorité des cuves d’électrolyse pour défaillance technique », précise le rapport.
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Ainsi, la réalisation des projets de réhabilitation et d’extension pourraient changer la donne pour cette entreprise, permettant à Alucam de tenir ses engagements nationaux et internationaux. En août 2024, Alucam a signé un accord avec Proalu pour un contrat d’achat mensuel de 2 500 tonnes de matière première, soit environ 4 milliards FCFA de revenus mensuels. Alucam, exportateur d’aluminium brut avec 15 300 tonnes vendues à la France en 2023, a enregistré une chute de 42% de ses ventes à 31,6 milliards FCFA pour 26 851 tonnes sorties (-38,9%) en 2024. A l’effet de redresser la barre, l’Etat mise sur la privatisation afin d’éviter l’arrêt pur et simple de la fonderie. Eagle Eye, véhicule d’investissement du groupe Arise IIP, s’est d’ores et déjà positionné et souhaite racheter 70% des parts de l’État dans Alucam. L’offre, transmise par la présidence de la République, inclut un investissement de 475 millions USD (environ 271 milliards FCFA) pour stabiliser les opérations, construire une nouvelle fonderie de 100 000 tonnes/an et ériger une ligne électrique dédiée entre le barrage de Nachtigal et Édéa.
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A noter que, cette chute brutale de la capacité productive a profondément déséquilibré l’appareil industriel de l’entreprise et affecte les résultats financiers. En 2024, l’entreprise détenue à 79,68 % par l’État camerounais, a enregistré un résultat net négatif de 23,7 milliards FCFA et un chiffre d’affaires en repli de 10% à 94,4 milliards de FCFA. Ceci en raison de « l’indisponibilité de l’outil de production », selon le rapport annuel.
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