Conjoncture

Cameroun : l’inflation frôle 4% au premier semestre 2022

Le pain et les céréales font partie intégrante du groupe des produits alimentaires, principale cause de la hausse des prix durant cette période, avec une hausse de 10,9% en comparaison à la même période en 2021.

Selon la note sur l’Evolution de l’inflation au cours du premier semestre 2022 produite par l’Institut national de la statistique (INS), les prix à la consommation des ménages ont augmenté de 6% en juin 2022, comparativement à la même période en 2021. Sur l’ensemble du premier semestre cette hausse est de 5,1% en glissement annuel. Sur l’ensemble des douze derniers mois, celle- ci est de 3,8% en juin 2022 contre 2,2% pour la même période en 2021. Cause de cette hausse fulgurante des prix, l’envolée des cours des produits alimentaires, dont les prix ont subi une hausse de 8% à fin juin. « En moyenne sur les 12 derniers mois, les tendances inflationnistes demeurent et sont entretenues par les prix des produits alimentaires, et ce malgré les mesures de lutte mises en œuvre par le Gouvernement pour préserver le pouvoir d’achat des populations », renseigne l’INS.

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Dans le détail, en comparaison au 1er semestre 2021, l’indice des prix des produits alimentaires a augmenté de 10,9% au cours du 1er semestre 2022. Cela est relativement en lien avec le renchérissement des prix du des pains et céréales de 9,8%, des viandes de 9,2%, des poissons et fruits de mer de 9,1% ainsi que des huiles et graisses de 13,5%. De même que ceux du prix des légumes (5,1%), du sucre, confiture, miel, chocolat et confiserie (2,2%) et ceux du lait, fromage et œuf (1,7%). Une envolée des prix en mettre en lien avec la hausse des prix des produits alimentaires locaux, ceux importés et la hausse de 25% durant le premier semestre de l’indice FAO des prix des produits alimentaires (indice qui suit l’évolution mensuelle des cours internationaux des produits alimentaires de base les plus échangés, ndlr).

Crise du pain

Pour le cas spécifique du pain et des céréales, l’INS fait savoir que : « la hausse de 9,8% des prix des pains et céréales résulte principalement de l’accroissement des prix des céréales non transformées (maïs séché en grains, riz), des farines, semoules et gruaux (farine de blé, farine de maïs, farine de mil), des pains ainsi que des pâtisseries, gâteaux, biscuits et viennoiseries ». A celle-ci l’on ajoute le déclenchement du conflit russo-ukrainien (les deux pays en conflit figurent parmi les plus grands exportateurs de blé au monde). Dès lors, les cours du blé à l’échelle mondiale ont considérablement augmenté, lorsque nous rédigeons cet article, la tonne de blé se chiffrait à 315 euros la tonne de blé tendre et 440 euros la tonne de blé dur selon le site français terre- net. Soit respectivement 206 626 Fcfa et 288 621 Fcfa. Au plan local, les meuniers ont vite été confrontés à la hausse des cours du blé mais aussi ceux liés au fret maritime, ce qui ne leur permettaient plus de rentrer dans leurs frais. Ce qui a induit une hausse du prix de sac de farine de blé passant de 19 000 Fcfa à 24 000 Fcfa (50kg). Ce qui a entrainé aussi une hausse du prix de la baguette de pain de 200g qui se vend désormais à 150 FCfa.

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N’ayant aucune visibilité sur l’issue du conflit, l’on a déjà entrepris toutefois des alternatives locales, visant à bénéficier de cette céréale. On peut noter notamment l’usage des farines obtenues à partir de produits locaux (tubercules), des appuis financiers en faveur d’institutions locales pour la production du blé…

Notons qu’outre les produits alimentaires, l’inflation est aussi soutenue au Cameroun par le logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles dont les prix ont crû respectivement de 2,9% et 1,8%. Suivie des biens locaux (3,8%), des biens importés (3,6%). Et enfin les prix des produits issus des secteurs primaire (7,6%), secondaire (2,9%) et tertiaire (1,7%)

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