L’Institut national de la statistique (INS) du Cameroun a présenté, le 30 septembre à Yaoundé, la nouvelle version de l’Indice du chiffre d’affaires (ICA), désormais élaborée à partir des données administratives issues des déclarations mensuelles de TVA. Ce dispositif, conçu avec le soutien de l’Union européenne et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), marque une évolution majeure dans la mesure de l’activité économique nationale.
Selon l’INS, cette rénovation répond à la nécessité de produire des indices conjoncturels mensuels, conformes à la Norme spéciale de diffusion des données (NSDD) du FMI, tout en réduisant la charge statistique pesant sur les entreprises. « Il s’agit d’une avancée vers une meilleure disponibilité des données et une plus grande réactivité du système statistique national », a déclaré Jean-Luc Mastaki, directeur du bureau de la CEA pour l’Afrique centrale.
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Jusqu’ici, l’ICA reposait sur un échantillon fixe d’environ 120 entreprises du secteur tertiaire, collecté par enquête trimestrielle depuis 2011. Ce dispositif, coûteux et incomplet, ne permettait plus de suivre fidèlement l’évolution des activités économiques. La rénovation engagée depuis 2023 dans le cadre du programme « Appui au suivi des ODD en Afrique – composante données administratives » a donc consisté à exploiter directement les déclarations de TVAtransmises à la Direction générale des impôts (DGI), couvrant la période de janvier 2021 à décembre 2024.
La nouvelle approche permet d’étendre la couverture de l’indice à l’industrie, la construction, le commerce et les services marchands, conformément à la nomenclature NAEMA Rev.1 utilisée dans l’espace Afristat. En revanche, les secteurs non marchands (administration publique, santé, éducation, agriculture) restent exclus du champ de l’ICA.
L’année de base du nouvel indice est fixée à 2021, avec un système de pondérations croisées entre la valeur ajoutée issue de la comptabilité nationale et le chiffre d’affaires déclaré par les entreprises assujetties à la TVA. Cette méthodologie, déjà utilisée par l’INSEE en France, permet d’affecter le chiffre d’affaires global d’une entreprise à son activité principale, tout en intégrant la dynamique démographique du tissu économique (créations, cessations ou fusions d’entreprises).
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L’INS prévoit la signature d’un protocole d’échange de données avec la DGI pour automatiser la transmission mensuelle des informations et fiabiliser la mise à jour des séries statistiques. À terme, l’objectif est de publier régulièrement un indice définitif, accompagné de notes d’analyse conjoncturelle et de tableaux sectoriels, afin de renforcer la transparence et la lisibilité des performances économiques du pays.
Cette modernisation, inscrite dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), constitue un levier clé pour améliorer la qualité de l’information économique et appuyer la prise de décision publique dans un contexte de transformation structurelle de l’économie camerounaise.
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Laurent Onguéné

