Au Cameroun, l'investissement public était resté négatif depuis le 4e trimestre 2022. Après une récession de -2,4% au T4 2022 ; -14,2% au T1 2023 ; -15,8% au T2 2023 ; -19,3% au T3 2023 et -19,1% au 4e trimestre de la même année, le secteur public s’est relevé avec une évolution de 9,9% au premier trimestre 2024. L’Institut national de la statistique (INS) explique ce dynamisme par la hausse des dépenses en capital. En effet, la formation brute de capital fixe (Fbcf) du public est passé de 210 a de Fcfa au premier trimestre 2023 à 230,7 milliards de Fcfa à fin mars 2024 soit un bond de 20,7 milliards de Fcfa (+9,9%).
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Parallèlement, l’on peut dire que cette embellie cadre avec l’ambition du gouvernement, de se rapprocher du profil de la part de l’investissement public dans le budget de l’État ces dernières années, resté en deçà du seuil de 40% visé par la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Le Document de programmation économique et budgétaire attribue cette situation par des « contraintes majeures et du contexte économique qui s’imposent à l’État ». A titre d’illustration, la part du BIP dans le budget 2024 devrait s’établir à 23,1% après 20,5% en 2023. Ce qui n’est pas de nature à entretenir une croissance soutenue telle que projetée dans la SND30.
L’investissement privé en recul
Contrairement à l’investissement public, le privé a effectué un chemin inverse au cours du premier trimestre 2024. Pour la première fois depuis le 4e trimestre 2022, ce compartiment a connu un léger recul de -0,8% pour s’établir à 1 014,9 milliards de Fcfa venant de 1 023,1 milliards de Fcfa au 1er trimestre 2023. « La dynamique à la baisse des investissements privés s'explique notamment par la baisse de la demande de biens d'équipement, en particulier les matériels de transport et les ouvrages en pierre, verre et ciment », clarifie l’organisme de l’Etat chargé de l’élaboration des statistiques.
Cette sous-performance a induit un ralentissement du niveau des investissements (public et privé) dans leur dynamique au cours du trimestre en marquant 1% de croissance par rapport à la même période de l'année précédente. A noter qu’au Cameroun, le privé porte à plus de 80%, les dépenses d’investissements. A fin mars 2024 par exemple, il a représenté 1 014,9 milliards soit 81,5% du capital évalué à 1 245,7 milliards de Fcfa.

