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Cameroun : NTMC S.A décroche le contrat de la couverture santé universelle

Le gouvernement a opté pour un partenariat public privé pour la mise en œuvre de cette réforme en chantier depuis 2015. Le principal défi reste le financement soit plus de 1300 milliards de FCFA, selon les premières estimations.

New Tech Management Cameroon (Ntmc S.A). Il faudra s’y habituer. C’est l’adjudicataire du Contrat de Partenariat relatif au Projet de financement, de conception, de construction, d’exploitation, d’équipement et de maintenance du système de gestion de la Couverture Santé Universelle (CSU) au Cameroun. L’information est contenue dans le communiqué du 16 juin 2020 signé par le Premier ministre, Chef du gouvernement. Le ministre de la Santé Publique (Minsanté) avait jusqu’au 26 juin dernier pour transmettre à l’entreprise adjudicataire une lettre de notification officielle indiquant les modalités pratiques relatives à la négociation des termes du contrat.

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Deux semaines après décroché son contrat de partenariat, aucune information ne filtre encore sur Ntmc S.A. Pas de site web, de compte sur les réseaux sociaux ni de page relative à la présentation et l’organisation de cette entreprise. Encore moins un renseignement sur ses dirigeants.

Au sein du groupe de technique national chargé de la mise en œuvre de la CSU (GTN), certains ne cachent pas leur surprise face à ce récent développement. « J’ai appris, par voie de presse, que le Premier ministre a sélectionné une entreprise pour la mise en œuvre de la CSU au Cameroun. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, je suis membre du GTN et je n’ai jamais vu le dossier de New Tech Management Cameroon (NTMC SA), l’entreprise qui vient d’être déclarée adjudicataire de ce contrat », s’étonne Isaac Bissala, président de l’union générale des travailleurs du Cameroun (Ugtc) et membre du GTN.

70% des dépenses pour les ménages

Malgré ses curiosités, il est clair que c’est un coup d’accélérateur inattendu que le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, vient de donner à ce dossier. Le Cameroun devrait donc passer bientôt d’un système où 70% des dépenses de santé sont supportés par les ménages, vers un système de mise en commun, de partage des risques, et surtout d’accès au service de santé de qualité. 

A date, souligne-t-on au Minsanté, le Cameroun dispose de la méthodologie d’immatriculation des bénéficiaires, du cahier des charges du système d’information et de gestion de la CSU, de l’évaluation des capacités contributives de la population de la CSU, du plan stratégique de communication et de la stratégie de collecte des contributions sociales dans le secteur informel. Sont encore dans le circuit administratif et législatif pour la mise en place de la CSU, un avant-projet de loi portant sur une stratégie nationale du financement de la santé, une proposition de soutenabilité budgétaire et une définition de l’architecture du système.

Un gap de 1000 milliards de FCFA

La CSU, devra satisfaire les divers domaines de la médecine interne, la chirurgie, la gynécologie obstétrique, la pédiatrie, la stomatologie, l’otorhinolaryngologie, la vaccination et divers services communautaires. On parle des soins de base et de 185 interventions et de 101 sous interventions.

D’après le groupe technique national intersectoriel, qui a préparé le projet de la CSU, il faut environ 1300 milliards de FCFA pour mettre en place la CSU. Le coût total est composé du coût technique, c’est-à-dire l’estimation du coût des interventions du panier de soins de soins de base et les coûts de gestion de l’architecture. Les coûts de gestions représentent environ 15% du coût total. Selon les règles de prévoyance sociale, ils incluent notamment les investissements (système d’information, infrastructures et équipements, équipements, système d’immatriculation…), les salaires du personnel, les autres dépenses de fonctionnement courantes, la communication, les frais de formation. La contribution des partenaires au développement est estimée à environ 50 milliards de FCFA. Au bout du compte, il reste un gap de financement de l’ordre de 985 milliards de FCFA dans le scénario le plus ambitieux de 100% de couverture.

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