L’agro-industriel camerounais à capitaux privés Opalm va investir 13 milliards FCFA (environ 22,6 millions Usd) pour moderniser et étendre son huilerie d’Eséka, dans la région du Centre, afin de porter sa capacité annuelle de traitement à 25 000 tonnes contre près de 7 000 tonnes actuellement. L’annonce a été faite le 11 mars dernier par Tarek Daoud, directeur général d’Opalm, lors de la 1ère session de rencontre avec les planteurs partenaires dans le bassin de production pour les rassurer.
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Ce projet intervient après la reprise, le 18 février, de la plantation (5 119,92 hectares de terres) et surtout de l’unité industrielle d’Eséka, cédées par la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm), filiale du groupe luxembourgeois Socfin. Les termes financiers de la transaction, n’ont pas été rendus publics. L’accord prévoit toutefois le transfert du personnel " avec maintien intégral des droits acquis, de l'ancienneté, des fonctions et des avantages sociaux". Une clause à laquelle la direction d’Oplam a réitéré son attachement tout en rassurer les agriculteurs sur le maintien de leur partenariat et des opportunités qu’offrent l’extension de l’usine pour l’écoulement de leurs produits.

L’extension de l’huilerie constitue la première phase opérationnelle d’un programme d’investissement de 45 milliards de FCFA annoncé par Opalm fin 2025. Le groupe ambitionne de construire cinq unités de première transformation dans les principaux bassins de production du pays (Littoral, du Sud et du Centre) afin d’accroître l’offre nationale d’huile de palme brute et de soutenir la structuration de la filière.
Réduire le déficit de matières premières
Cette montée en puissance industrielle intervient dans un contexte de déficit structurel estimé à près de 300 000 tonnes par an sur le marché camerounais. Faute d’approvisionnement suffisant, les raffineries locales n’exploitent qu’entre 40 % et 50 % de leurs capacités, selon des sources sectorielles, ce qui alimente des importations évaluées à environ 100 milliards FCFA par an.
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En renforçant ses capacités de transformation et son foncier agricole, Opalm pourrait progressivement s’imposer parmi les principaux acteurs du secteur, dominé notamment par Socapalm, Safacam, la CDC et Pamol. Cette stratégie s’inscrit dans la politique d’import-substitution promue par les autorités, visant à développer la transformation locale et à réduire la dépendance extérieure.

