Au Cameroun, environ 200 sociétés viennent d’être répertoriées dans une affaire d’exploitation illégale de l’or. Dans un communiqué officiel publié ce 13 mai 2026, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT) précise que plus de 95% de cet effectif st constitué d’entreprises étrangères. Dans le cadre du processus d’assainissement du secteur, les découvertes ont été faites dans les régions de l’Est avec entre autres le canadien Gold River, l’américain Phoenix International et de l‘Adamaoua avec notamment le chinois Xin Yuan et le soudanais Amir Mining. Les deux régions, aux côté de celles du Nord, sont les principaux pôles de production artisanale au Cameroun (estimée à environ 1,5 tonne par an).
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Le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique renseigne que cette situation d’irrégularité est liée à des raisons telles que l’absence de titres miniers valides ou à jour de leurs dispositions légales. En réponse, le membre du gouvernement instruit aux opérateurs concernés « d’arrêter sans délai l’exploitation des sites miniers et de procéder au démantèlement de toutes leurs usines de traitement du gravier aurifère ainsi que les autres installations connexes », est-il écrit. Faute de quoi, « le démantèlement sera effectué à leurs frais par les services compétents de l’administration en charge des mines et les forces de maintien de l‘ordre, sans préjudice de poursuites judiciaires », a-t-il ajouté.
Un appel à l’action qui porte tout son sens puisqu’il intervient au moment où Yaoundé s’engage à restructurer le secteur aurifère. Le 27 avril dernier, le gouvernement camerounais a annoncé l’ouverture de plus de 3 000 km² à l’exploitation artisanale semi-mécanisée de l’or dans la région de l’Est, notamment à Zembe-Borongo et à Bétaré-Oya, où la production a atteint 179 414,05 grammes en 2023, soit 18,83 % de la production nationale estimée à 952 772,32 grammes, selon le rapport ITIE. Cette même opération implique que les opérateurs devront notamment s’acquitter d’une caution environnementale de 63 millions de FCFA pour 21 hectares, payer une fiscalité comprenant 25 % d’impôt synthétique minier libératoire (ISML), 5 % de taxe à l’exportation et 1,5 % au titre du fonds minier.
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Selon les autorités, cette démarche vise à réaménager la chaîne de production et à renforcer le contrôle des sites, afin de limiter les sorties d’or hors du circuit formel et les dégradations environnementales, dans un contexte de pertes importantes pour le circuit formel. Plus de 15 tonnes d’or pour près de 560 milliards Fcfa auraient échappé aux statistiques officielles en 2023, selon des estimations croisées de l’ITIE et d’UN Comtrade, contre seulement 22 kg déclarés par les douanes camerounaises. L’objectif est clair : renforcer la captation des flux aurifères par l’État, dans un environnement marqué par la hausse des cours de l’or – autour de 4 000 dollars l’once – et par la nécessité de diversifier les recettes publiques face au recul des revenus pétroliers.

