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Cameroun : plus de 2 600 milliards FCFA ont été investis dans les infrastructures en 7 ans (gouvernement)

Malgré cet effort budgétaire, le pays reste en retard sur les objectifs intermédiaires de la Stratégie nationale de développement 2020-2030.

Publiée vendredi 6 février 2026 à 15:59:12Modifiée vendredi 6 février 2026 à 15:59:15Temps de lecture 3 minPar Marius Zogo

Emmanuel Djoumessi, ministre des Travaux publics du Cameroun

Sur la période 2018-2025 correspondant au septième mandat du président Paul Biya, le secteur des infrastructures routières au Cameroun a bénéficié d'une enveloppe de 2 668,28 milliards FCFA. Ce bilan a été dévoilé le 5 février 2026, lors de la Conférence semestrielle des services centraux et déconcentrés du ministère des Travaux publics (Mintp).

Grâce à ces investissements, le ministère revendique plusieurs réalisations : 108 projets intégralement livrés, 2 169,53 km de nouvelles routes bitumées, 1 200,93 km de chaussées réhabilitées et plus de 4 800 mètres linéaires d'ouvrages d'art (ponts et viaducs) construits. En moyenne, cet effort budgétaire représente une dépense annuelle de 381,1 milliards FCFA. Pour le seul l'exercice 2025, les données consultées par EcoMatin précisent que le portefeuille actif du MINTP comprend notamment 15 projets de construction (563,96 km) pour un montant de 478,85 milliards FCFA, ainsi que 18 chantiers de réhabilitation couvrant 1 859,41 km — dont 1 437,71 km en entretien confortatif — pour un coût global de 285,32 milliards FCFA.

Lire aussi : Cameroun : 385 km de routes bitumées en 2025, soit 51% de l’objectif

Malgré l'ampleur des capitaux mobilisés, ces investissements ne permettent visiblement pas au gouvernement d'atteindre les objectifs fixés dans le cadre de la Stratégie nationale de développement (SND30). Le bilan actuel apparaît contrasté au regard des indicateurs de performance. Selon le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi : « au 31 décembre 2025, 2 442 km de nouvelles routes ont été livrées sur les 3 600 d’objectifs intermédiaires de la SND30, soit un stock de 1 158 km de routes bitumées à rattraper ».

Le membre du gouvernement reconnaît également un retard significatif dans le volet réhabilitation : seuls 832,54 km de routes (telles que les axes Yaoundé-Bafoussam et Babadjou-Bamenda) ont été livrés, contre un objectif de 1 800 km sur la période 2020-2025, laissant un gap de 967 km à combler. Le « Rapport d’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la SND30 2020-2030 », publié par le ministère de l’Économie (Minepat), confirme cette tendance. La SND30 prévoyait de doubler la proportion du réseau routier bitumé, passant de 6 % du linéaire global (121 887 km) à 12 % en 2025. Toutefois, le taux réel n'a atteint que 9,5 %.

Lire aussi : Cameroun : seulement 9 % du réseau routier bitumé à fin septembre 2025

La situation est particulièrement critique pour les routes communales, qui représentent 91 % du réseau national mais avec à peine 24,2 % d'entre elles sont jugées en bon ou moyen état. Pour justifier ces contre-performances, le MINTP pointe plusieurs contraintes notamment : « la rareté des ressources, les tensions de trésorerie, les exigences nouvelles en matière de contractualisation, et la capacité financière des entreprises non assumées».

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