Au Cameroun, le concessionnaire de la production, de la distribution et de la vente de l'électricité, Eneo a ouvert les vannes du barrage de Lagdo dans la région du Nord. Selon un porte-parole de l’entreprise, cette mesure vise à prévenir une éventuelle inondation en ces temps de saison de pluie. « Pendant cette période délicate, les équipes d’Eneo contrôlent le niveau d’eau dans le barrage, jaugent le temps qu’il faut pour son remplissage et ne lâchent les eaux qu’en quantités mesurées. C’est une opération normale et saisonnière appelée gestion des crues », rapporte le service de communication d’Eneo. « La crainte principale, est celle de l’inondation des populations qui prennent le risque de lancer des activités et des constructions dans le lit asséché de la Benoué en aval du barrage en période de saison sèche ».
Ainsi, depuis le 18 septembre, l’entreprise a procédé aux « premières lâchures en quantité sobre et contrôlée ». D’après nos informations, les déversements auraient débuté à un débit de 100m³/s, soit l’équivalent de 8 640 000 m³ par jour. Ce débit, apprend-on, augmentera progressivement pour atteindre 1000m³/s dans les sept jours à venir, en fonction du flux en provenance du principal affluent du réservoir de Lagdo et important tributaire de la rivière Bénoué. Cette localité qui abrite les installations de l’électricien est en proie aux pluies torrentielles depuis plusieurs semaines et provoquent des inondations dans plusieurs villages. En effet, pour Eneo, « pendant la saison des pluies, le barrage de Lagdo a vocation à retenir de l’eau venant du bassin versant de la Benoué pour les besoins de production d’électricité dans la centrale placée en aval du barrage durant l’étiage qui suit. Cette fonction de rétention aide à bloquer dans le barrage une quantité d’eau qui aurait pu descendre sans filtre et créer des dégâts ».
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Cependant, au cours de cette année, le flux d’eau aurait été plus dense que lors des années antérieures menaçant la survie des populations. La gestion de crues a donc été initiée d’urgence. En effet, le barrage de Lagdo, quoique vieillissant (achevé dans les années 80), est un élément clé de la production hydroélectrique dans le Réseau interconnecté Nord (RIN). L’infrastructure d’une capacité de 72 MW injecte régulièrement, d’après les données de l’énergéticien, près de 60 MW dans le réseau pour alimenter les ménages.
Rappelons que depuis 2020, le gouvernement camerounais a décidé de réaliser des travaux de réhabilitation du barrage de Lagdo estimés à 100 milliards de Fcfa, afin que l’infrastructure puisse contenir 4 à 5 milliards de m3 d’eaux et retrouver sa capacité de production initiale qui est de 72 MW.

