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Conjoncture

Cameroun : pourquoi la baisse des prix des produits alimentaires n’est pas respectée

Dans la capitale du pays, Yaoundé, les commerçants font de résistance face aux mesures du gouvernement qui a notamment instruit la baisse des prix des bidons d’huiles raffinées de 20 et 25 litres, et du sac de riz de 50kg.

Publiée lundi 22 avril 2024 à 18:07:54Modifiée lundi 22 avril 2024 à 18:08:00Temps de lecture 4 minPar Benedicte NGONO

Les nouveaux prix des sacs de riz
Les nouveaux prix des sacs de riz

Depuis fin mars, les prix de deux principaux produits alimentaires ont été revus à la baisse par le ministre camerounais du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana. Il s’agit des prix des bidons de 20 et 25 litres des huiles raffinées Mayor et Oléo, soit respectivement 22 000 Fcfa et 27 500 Fcfa ; et des prix du kg de riz (dont la baisse varie de 15 à 90 Fcfa) et le sac de 50kg (qui chute de 450 à 600 Fcfa) en fonction du type de riz (25% brisures ou 5% brisures).

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Cependant, dans des marchés de la ville de Yaoundé, les commerçants peinent à respecter ces mesures du gouvernement qui visent pourtant à lutter contre la vie chère. Ces derniers avancent principalement comme raison, le besoin d’écouler premièrement, les anciens stocks de leurs marchandises. « Imaginez, vous achetez une vingtaine de bidons d'huile à 28 500 Fcfa chacun, que vous revendez à 29 500 Fcfa. Deux jours plus tard, on vous informe que vous devez désormais vendre ces bidons à 27 500 Fcfa l’unité sous peine de saisie de vos marchandises. Pensez-vous que nous allons facilement nous conformer à cette demande ? Je doute, car nous aussi avons des familles à nourrir. Personnellement, je vais continuer à vendre au prix initial jusqu'à écouler mes stocks », explique un commerçant au marché du Mfoundi.

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D’autres marchands évoquent la résistance que les grossistes et opérateurs économiques à baisser eux-aussi les prix. « J’ai toujours acheté un sac de riz chez les grossistes à 18 500 Fcfa. Je le revends à 18 800 voire 19 000 Fcfa en fonction de la qualité du riz. Maintenant, le gouvernement me demande de le vendre à mon prix d’achat. Or, il se trouve que les grossistes à leur niveau, ne baissent pas les prix. Ça devient problématique ; qu’est-ce que je gagne quoi ? », s’interroge Margarette, commerçante.

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Commerçants véreux

Pourtant, selon le ministère du Commerce, les pouvoirs publics ont mis sur pied des mesures pour accompagner ces opérateurs économiques, afin de satisfaire toutes les parties. « Nous avons réduit le prix du riz suite à la réception de 190 000 tonnes de riz en provenance de l'Inde, en plus des importations en provenance de Thaïlande et du Pakistan. Les fournisseurs étrangers étaient censés supporter uniquement le coût du produit, sans les frais de douane, dans le but de permettre une baisse du prix de vente des sacs de riz. Cependant, nous constatons que cela n'a pas été le cas », explique le chargé de la Communication au Mincommerce Ahmed Mballa.

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Ainsi, depuis quelques semaines, les agents des contrôles du Mincommerce effectuent des descentes improvisées sur le terrain afin de s’assurer du respect des nouveaux prix homologués. Ceux-ci ont découvert que certains « commerçant véreux » affichent les nouveaux prix homologués lors de la visite de contrôle et les changent juste après. Les fonctionnaires du Mincommerce sont catégoriques : « ceux qui vont été pris la main dans le sac vont servir d’exemples aux autres ». D’ailleurs, depuis le 11 avril, plus de 500 sacs de riz de 25kg ont été saisis, les amandes étant fixées en fonction de la qualité et de la quantité du riz saisi.

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