La signature de la convention de financement entre l’Etat du Cameroun et la Banque africaine de développement (BAD) n’est finalement pas la principale pesanteur à lever pour enfin espérer un démarrage effectif des travaux de réhabilitation de la route Edéa-Kribi, comme le laissait entendre le ministre camerounais des Travaux publics (Mintp) Emmanuel Nganou Djoumessi dans un entretien accordé à la radio nationale le 18 février 2024. Il y a bien une exigence en amont. En effet, le 12 juin 2024, une décision du gouvernement fait savoir que le Bureau d’études techniques Groupement ACE Ingénieur Conseils/Alpha Consult a été retenu en vue de la « signature d’un contrat pour l’exécution de la prestation relative à la réalisation de la maîtrise d’œuvre complète des travaux de réhabilitation de la route Edéa-Kribi : section Carrefour Edéa/Kribi-Pont Bivouba ».
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Il aura fallu plus d’un an après l’introduction de la demande de proposition pour publier les résultats. Néanmoins, à en croire les sources proches du dossier, le consultant devra réaliser la revue puis, l’actualisation de l’étude d’impact environnemental et social (Eies) rendue il y a environ trois ans. Pour un montant de 1,556 milliard de Fcfa, le duo ACE Ingénieur Conseils/Alpha Consult est également tenu d'effectuer le contrôle technique des travaux prévus pendant 42 mois d’après la note ministérielle consultée par EcoMatin.
Encore du chemin à parcourir
A l’état actuel des choses, le chantier annoncé depuis au moins 4 ans, reste incertain pour cette année, dans la mesure il n'y a toujours pas d'échéance connue pour la livraison de l'étude. Tout compte fait, « cette revue est faite parce que, entre le moment où le premier relevé de dégradation a été fait et maintenant, il est probable que les dégradations se soient accentuées », justifie une source au Mintp avant de préciser : « si cette revue n'est pas faite, il peut y avoir beaucoup de déphasage entre le projet, tel que validé par les acteurs et celui exécuté. C'est ce qui peut souvent causer des avenants ou l'introduction de nouveaux prix ».
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De plus, apprend-t-on, ce n’est que sur la base de la revue des études réalisées que l’appel d’offres sera élaboré afin de contratualiser l’entreprise adjudicataire du marché. Comme évoqué supra, la question financment avec le bailleur de fonds (la BAD) ; partenaire du gouvernement dans le cadre de la réfection de ce tronçon routier long de 110 km , n’a pas encore été bouclée. « L’accompagnement des financements extérieurs, il faut le reconnaître, est parfois long. Il y a un certain nombre de prescriptions du partenaire financier et même du partenaire technique qu’il faut respecter », prévenait il y a quatre mois, le Mintp.
Pour mémoire, le rapport final de l’étude d’impact environnemental et social initialement publié, table plutôt sur une durée des travaux de 02 ans pour un montant de 99 milliards de Fcfa tandis que le Programme d’investissement prioritaire (PIP) répertorie la route Edéa-Kribi parmi les projets routiers ayant débuté en 2023 et devant s’achever en 2027 soit une durée de 04 ans pour un coût prévisionnel de 102 milliards de Fcfa.
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Avant sa réhabilitation, la route Edéa-Kribi aura englouti plus de 2 milliards de Fcfa pour son entretien au cours des deux dernières années. En avril 2022, le français Razel a gagné le marché pour un montant de 1,949 milliard de Fcfa. En début novembre 2023, le Mintp débloquait 83 millions de Fcfa pour les tâches de « relevé des dégradations, l’installation de chantier, le marquage des nids de poule relevés, le curage et le bouchage des nids de poule ».

