Oumarou Hamandjoda a été nommé le 5 mai 2026, Directeur général de la toute nouvelle Société camerounaise d’électricité (Socadel) ; entreprise à capitaux publics née de la nationalisation d’ENEO, en charge de la gestion, de la distribution et de la commercialisation de l’énergie électrique dans le pays. Ancien Directeur général adjoint d'Eneo depuis septembre 2014, Oumarou Hamandjoda a été promu lors d’un conseil d’administration présidé par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba. Camerounais de nationalité, il remplace à ce poste, le Marocain Amine Homman Ludiye, nommé en juin 2023.
Le premier dirigeant de la « société à capital public ayant l’État comme actionnaire unique », bénéficie d'une expertise de près de 35 ans dans le secteur de l'électricité, forgée dès 1992 en Russie comme ingénieur stagiaire chez Hydroprojet, où il se spécialise dans la conception de petites centrales hydroélectriques. Son parcours transite ensuite par la Société Financière Internationale (IFC) où il est, selon son profil LinkedIn, « principalement chargé du suivi du processus de la privatisation de la Sonel au Cameroun et de la SEEG au Gabon ».
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Entre 2003 et 2009, il intègre le Secrétariat général de la Présidence de la République du Cameroun pour piloter les dossiers de l'énergie, de l'eau et des projets structurants, avant de devenir Directeur général adjoint chez AES (puis Eneo). À ce poste, il supervise la production, la gestion des ouvrages de régulation et leur transfert à EDC ; entreprise publique chargée du transport de l’électricité au Cameroun, tout en gérant les relations institutionnelles. Parallèlement à ses fonctions opérationnelles, ce nouveau patron du secteur électrique mène des activités d'enseignement et de recherche à l'École nationale supérieure Polytechnique de Yaoundé 1, se concentrant sur le mix énergétique et les processus innovants.
De nombreux défis
Le natif de Kodek, dans le département du Diamaré, région de l’Extrême-Nord prend ainsi les commandes d’une société nationalisée et détenue totalement par l’Etat du Cameroun avec un capital social de 43,9 milliards FCFA. Ancien de la maison et surtout pour avoir vu défiler plusieurs directeurs généraux au sein d’Eneo, Oumarou Hamandjoda mesure sans doute l’ampleur de la tâche qui l’attend. En annonçant le 19 novembre 2025 le rachat par l'État de la totalité des 51 % de parts détenues par le fonds britannique Actis dans Eneo pour un montant de 78 milliards FCFA, le ministère de l’Eau et de l’Energie a posé le diagnostic.
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Agé de 62 ans, ce spécialiste des questions énergétiques hérite donc d’un secteur « fragilisé par un déséquilibre financier profond », une situation critique que le gouvernement impute notamment aux retards de paiement chroniques envers les producteurs — tels que Nachtigal, Kribi et Memve’ele —, aux tensions avec la Société nationale de transport d'électricité (Sonatrel) et à des défaillances opérationnelles persistantes. Pour inverser la tendance, un plan d’urgence gouvernemental a été annoncé, articulé autour du refinancement de la dette d’Eneo, de l'instauration d'une discipline de paiement stricte pour stabiliser la trésorerie et de l'élargissement du portefeuille de clients industriels. Ce dispositif prévoit également une offensive contre la fraude, un fléau qui capte près de 15 % du système, générant une perte annuelle colossale de 60 milliards FCFA.

