Dans son troisième recensement général des entreprises (RGE3) effectué en 2023 et rendu public le 05 mai dernier, l'Institut national de la statistique (INS) du Cameroun a réalisé un sondage portant sur l'origine des fonds au démarrage des entreprises. Sur 270 605 entreprises ayant fourni une réponse, seulement 3,4% indiquent avoir eu recours au financement bancaire. Dans ce faible taux, sont essentiellement comprises les moyennes et grandes entreprises.
Les PE (petites entreprises) et TPE (très petites entreprises), qui représentent 73% des sondés national, sont financées via d’autres circuits. Selon l’INS, les entrepreneurs propriétaires de PE ou TPE préfèrent l’épargne personnelle (88%) et les tontines (11,8%) pour démarrer leurs activités. Le statisticien gouvernemental explique que cet attachement aux formes traditionnelles d’épargne est justifié par les limites que le système bancaire impose par le biais d’exigences diverses. « L'accès à ce mode de financement (prêt bancaire) est, dans le contexte de l'économie nationale, limité par l'exigence des garanties, notamment le titre foncier, l’hypothèque, l’épargne, la caution, le nantissement (...) Ce résultat suggère que l'une des difficultés majeures à l'entrepreneuriat reste, comme en 2016, l'accès au financement », peut-on lire.
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En effet, en plus des garanties, plusieurs conditions d’emprunts complexifient l’accès au financement pour les PE et TPE notamment le volume du capital social, le niveau de rentabilité du projet ou encore la couverture risque. D’après la BEAC, le taux moyen s’établissait à 8,9 % à fin septembre 2024, avec un plafond de 12,24 % pour les établissements les plus exigeants.
A noter que, 430 011 entreprises en activité ont été recensées sur l’étendue du territoire national en 2023, en hausse de 8% en glissement annuel. 276 704 sont des TPE et 37 123 sont des PE, soit respectivement 64,3% et 8,6% du nombre total d’unités économiques.Par ailleurs, l’INS a dénombré 3 995 des moyennes entreprises et 772 des grandes entreprises. Ces données mettent en lumière un tissu économique dominé par les très petites structures, encore largement exclues du système bancaire formel, et dépendantes de solutions alternatives souvent peu capitalisées.
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