Attendu depuis une quinzaine d’années, le projet de construction de la route Ebolowa-Akom II-Kribi (179 kilomètres), dans le Sud du Cameroun, franchit une étape décisive. Le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, annonce la signature, ce 15 mai à Yaoundé, d’un accord de prêt avec Standard Chartered, garanti par United Kingdom Export Finance (UKEF), pour un montant de 198,82 millions d’euros, soit un peu plus de 130 milliards Fcfa. Ce financement doit permettre le démarrage effectif des travaux du projet qui comprend deux tronçons principaux : Ebolowa-Akom II sur environ 81,6 km et Akom II-Kribi sur près de 80 km, auxquels s’ajoutent des voies de contournement à Ebolowa et Kribi ainsi que plusieurs ouvrages d’art. Infrastructure stratégique pour l’économie camerounaise, cette route est présentée depuis plusieurs années comme l’un des maillons essentiels de la connexion entre l’hinterland du Sud-Cameroun et le port en eau profonde de Kribi.
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Sa réalisation devrait faciliter l’évacuation des produits agricoles, forestiers et miniers vers la façade maritime, tout en réduisant considérablement les coûts et délais de transport dans cette partie du pays. Le corridor est également perçu comme un levier d’intégration sous-régionale. En reliant plus efficacement Kribi aux bassins de production du Sud et de l’Est, le projet doit contribuer à renforcer le rôle du complexe industrialo-portuaire de Kribi dans les échanges commerciaux de l’Afrique centrale. Les autorités camerounaises misent, notamment, sur cette infrastructure pour soutenir les activités minières et logistiques appelées à se développer autour du port en eau profonde. Le financement obtenu auprès de Standard Chartered Bank UK bénéficie de la garantie de l’agence britannique de crédit à l’exportation UKEF.
Selon des informations communiquées ces derniers mois par le ministère des Travaux publics, cette enveloppe couvre environ 95% du coût global du projet. Le reliquat est porté par l’Etat du Cameroun à travers les contreparties liées, notamment, aux indemnisations, aux études complémentaires et à certaines infrastructures connexes. L’aboutissement de cette convention financière intervient après plusieurs années de négociations techniques, environnementales et sociales. Entre autres exigences formulées par les bailleurs, figuraient la finalisation des études d’impact environnemental, l’identification des populations affectées par le projet, ainsi que la prise en compte des communautés vulnérables vivant le long du tracé, notamment certaines communautés pygmées Bagyeli. Attribué à l’entreprise italienne ICM Construction Ltd, le chantier avait accumulé de nombreux retards malgré l’annonce du projet dès le début des années 2010.
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Avec la signature annoncée de cet accord de financement, le projet devrait enfin entrer dans sa phase opérationnelle, même s’il reste quelques derniers réglages administratifs, notamment la finalisation des procédures d’expropriation et d’indemnisations des personnes affectées par le projet.

