Après cinq longues années d’attente, le consortium français et chinois Razel/Sotcocog livre le pont transfrontalier long sur 620 kilomètres. En effet, selon une correspondance adressée au gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, rendu publique le 21 avril dernier, le ministère des travaux public, Emmanuel Nganou Ndjoumessi a annoncé la mise en service dudit projet dans les prochains jours. « Honneur vous informer que les premiers ministres de la République du Cameroun et de la République du Tchad procéderont à l’inauguration du pont sur le fleuve Logone le 28 avril 2025 à Yagoua », précise Emmanuel Nganou Djoumessi.
D’un coût global de 74 milliards FCFA (112,8 M€), financé majoritairement par la Banque africaine de développement et soutenu par un don de 40 millions d'euros (26,6 milliards FCFA) de l’Union européenne, le projet a également reçu un prêt cofinancé à 58 % par le Cameroun et à 42 % par le Tchad. Outre le pont, 14,2 km de voies d’accès ont été réalisés -6,8 km côté camerounais et 7,4 km côté tchadien- ainsi que des infrastructures annexes : postes de contrôle frontaliers modernisés et signalisation avancée. Au total, ces aménagements portent l’investissement à 92 milliards FCFA.
Une fois mis en service, ce nouvel axe de transport devrait jouer un rôle catalyseur dans le développement économique des deux nations, en facilitant les échanges commerciaux transfrontaliers et en dynamisant les économies locales et régionales. Le corridor Douala-N’Djamena, qui voit transiter annuellement près de 350 milliards de francs CFA de marchandises tchadiennes via le territoire camerounais, bénéficiera d’une connectivité accrue grâce à cette infrastructure. Le pont Yagoua-Bongor s’inscrit ainsi dans une stratégie globale visant à consolider les dispositifs logistiques essentiels au commerce inter-état en Afrique centrale.
Rappelons que cet ouvrage constitue la deuxième infrastructure de ce type reliant le Cameroun au Tchad, après le pont Nguéli, construit entre la ville de Kousséri, dans l’Extrême-Nord camerounais, et N’Djamena, la capitale tchadienne. Cette nouvelle réalisation témoigne de la volonté des deux pays de renforcer leur coopération bilatérale et d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines, tout en favorisant l’intégration économique régionale.

