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Cameroun-Tchad : les dessous de l’accord PAD-COC pour fluidifier le transit de marchandises

Le Port autonome de Douala (PAD) et le Conseil des Chargeurs du Tchad (COC-TCHAD) ont scellé lundi 28 avril un protocole d’accord, en vue de renforcer leur coopération pour fluidifier le transit de marchandises tchadiennes. Derrière cette signature, se dessine une stratégie bilatérale croisée pour un corridor.

Publiée mardi 29 avril 2025 à 16:58:41Modifiée mardi 29 avril 2025 à 16:58:41Temps de lecture 4 minPar Albert AMOUGOU

Signature de l'accord PAD-COC

Le Port autonome de Douala (PAD) et le Conseil des Chargeurs du Tchad (COC-TCHAD) ont scellé lundi 28 avril un protocole d’accord, en vue de renforcer leur coopération. Selon les termes de l’accord, l’objectif est de transformer en profondeur les conditions de transit des marchandises tchadiennes sur le sol camerounais. La cérémonie, qui s'est tenue au siège du PAD en présence des directeurs généraux des deux entités, Cyrus NGO’O et Hamid Djoumino, ainsi que du Consul du Tchad à Douala, ambitionne à terme la simplification des procédures et le renforcement de la position de Douala comme porte d'entrée vitale pour l'économie tchadienne dépourvue de façade maritime.

Stratégies croisées pour un corridor

Derrière cette signature, se dessine une stratégie bilatérale croisée pour un corridor. Pour le PAD, l'enjeu est de sécuriser et d'accroître les volumes de trafic tchadien, un arrière-pays vital face à la concurrence régionale. L'accord vise à fluidifier les opérations en s'attaquant à la complexité des procédures administratives et aux délais jugés coûteux par les chargeurs tchadiens. Le PAD s'engage notamment à établir des guichets dédiés aux marchandises tchadiennes en transit, à faciliter l'exploitation rapide de la zone logistique attribuée au Tchad dans l'enceinte portuaire, et à instaurer une tarification préférentielle, une simplification des ristournes et des sessions de formation à N'Djamena. Le COC-TCHAD, quant à lui, obtient une plateforme formelle pour défendre les intérêts de ses membres et influer sur la gestion des opérations portuaires, avec l'objectif primordial de réduire les coûts logistiques.

Un enjeu économique crucial

Les conséquences attendues de ce partenariat vont au-delà d'une simple amélioration administrative. En optimisant le « corridor de transport » entre le Tchad et le Cameroun, les deux institutions ambitionnent de renforcer la compétitivité des échanges tchadiens et de consolider le rôle du port de Douala comme hub logistique régional en Afrique centrale.

Une concurrence régionale en toile de fond

Ce protocole s'inscrit dans un contexte régional marqué par l'acuité croissante des enjeux de désenclavement du Tchad. Récemment, en décembre dernier, la Guinée Équatoriale a ouvert ses ports de Bata et Ebibeyin au Tchad, poursuivant un objectif similaire de facilitation du transit des marchandises tchadiennes. Cette initiative équato-guinéenne, survenue dans un climat de tensions persistantes entre les opérateurs économiques tchadiens et le Cameroun concernant les difficultés et les coûts du corridor traditionnel, pourrait ainsi être interprétée comme un signal fort. L'accord entre le PAD et le COC-Tchad apparaît dès lors comme une réponse stratégique visant à réaffirmer l'attractivité et l'efficacité du corridor camerounais face à ces alternatives émergentes.

Lire aussi : Transport des marchandises : la Guinée Equatoriale ouvre les ports de Bata et Ebibeyin au Tchad

Historiquement, le Port de Douala a toujours joué un rôle prépondérant dans l'acheminement des marchandises vers le Tchad, une relation encadrée par la convention de transport routier signée entre les deux pays en 1999, elle-même ancrée dans la Convention de la CNUCED du 8 juillet 1965 relative au commerce de transit des États sans littoral. Ce nouveau protocole d'accord officialise et renforce cette relation, en instaurant un cadre de dialogue permanent et des objectifs opérationnels clairs pour une coopération accrue. Pour le Cameroun, l’accord vise implicitement à préserver ce partenaire historique, représentant un marché annuel de plus de 350 milliards de Fcfa, selon les estimations des douanes camerounaises.

Lire aussi :  Classement Banque Mondiale/Standard & Poor’s : les ports camerounais avant-derniers en zone Cemac

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