Au Cameroun, la Commission nationale anti-corruption (Conac), bras séculier de l’Etat en matière de lutte contre la corruption vient de rendre public, son rapport pour le compte de l’année 2023. Il y ressort que l’organe présidé par Dieudonné Massi Gams a reçu 3 273 dénonciations par voie de courrier administratif. A l’observation, le Top 5 des secteurs ayant fait l’objet de plus de dénonciations est identique à celui de 2022. Le peloton de tête est occupé par le secteur des affaires foncières. Avec 21,3% (698 dénonciations). Les plaintes récurrentes à ce niveau reposent sur le détournement des indemnisations des populations et les litiges fonciers. En second lieu, la Fonction publique n’a pas bougé. Avec 17,43% des dénonciations, les usagers déplorent, selon la Conac, les actes de perception indue de salaire, de faux et usage de faux ainsi que la corruption en matière de concours administratifs. Il faudrait certainement attendre que la nouvelle application informatique de gestion des effectifs et de la Solde (Aigles) soit opérationnelle pour résorber bon nombre de ces préoccupations qui perdurent.
Lire aussi : Cameroun : les pertes de l’Etat dues à la corruption bondissent de plus de 2 000% en 2023
Par ailleurs, les « pratiques de pourcentages sur les droits des usagers, les détournements des pensions retraite, etc. », placent le secteur des finances au 3e rang des domaines où les actes de corruption sont le plus décriés (16,64%). Le secteur de l’éducation complète la liste avec les sempiternelles dénonciations axées sur la mauvaise gestion des fonds de l’Association des parents d’élèves et enseignants (Apee).
Comme en 2022, le secteur des marchés publics ferme le Top 5. Il est notamment reproché à ce domaine, « la corruption dans le processus de passation des marchés publics ». Ces données viennent corroborer avec l’étude sur le diagnostic de la vulnérabilité des PME et de leur accessibilité à la commande publique au Cameroun dressée par la Banque mondiale en juin 2024. L’institution de Bretton note par exemple, que « 94% des entreprises interrogées jugent non transparent le système de passation des marchés publics et d’attribution des bons de commandes administratifs (BCA) au Cameroun) ». L'enquête fait également savoir que 39,51% des entreprises décrient les cas de corruption des agents publics, 48,38% déplorent le manque d’informations, 11,61% la complexité des procédures pour les PME.

