Le Cameroun fait face à de nouvelles tensions sur son réseau électrique après le retrait partiel des capacités de production des centrales thermiques de Kribi et de Dibamba, exploitées par le groupe britannique Globeleq, sur fond de blocage de ses comptes bancaires par l’administration fiscale. Dans une note publiée mardi, le ministère de l’Eau et de l’Énergie indique que les sociétés Kribi Power Development Company (KPDC) et Dibamba Power Development Company (DPDC) ont retiré lundi une partie de leurs capacités du Réseau interconnecté sud (RIS), principal réseau électrique du pays.
Le gouvernement explique que cette situation intervient « dans un contexte marqué par le blocage des comptes bancaires dudit groupe par l’administration fiscale dans le cadre d’une procédure de recouvrement forcé », liée à des impayés fiscaux et à des tensions de trésorerie provoquées par « les impayés persistants du concessionnaire de distribution ».
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Cette baisse de production a déjà entraîné « des perturbations dans l’alimentation électrique » et des délestages affectant « 40% des usagers des régions du Littoral et de l’Ouest », selon le ministère.
Détenues à 56% par Globeleq Cameroun et à 44% par l’État camerounais, les centrales à gaz de Kribi (216 MW) et au fioul lourd de Dibamba (88 MW) représentent plus de 20% des capacités du Réseau interconnecté sud, qui alimente notamment Douala, Yaoundé et la zone industrialo-portuaire de Kribi. Leur rôle est jugé stratégique pour la stabilité de l’approvisionnement électrique du pays.
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Cette crise intervient alors que Yaoundé négocie depuis plusieurs mois une reprise des actifs de Globeleq au Cameroun. Yaoundé souhaite racheter les participations du groupe britannique afin de renégocier les contrats liant les deux centrales au distributeur public Socadel, ex-Eneo. Le gouvernement estime que ces contrats coûtent près de 8 milliards de FCFA par mois au système électrique et espère réduire cette charge d’environ 3 milliards de FCFA mensuels grâce à une restructuration des accords de capacité.
L’État camerounais avait déjà activé en juillet 2025 son droit de préemption pour empêcher la cession des actifs de Globeleq à un investisseur tiers, notamment le britannique Savannah Energy. Le ministre de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, affirme avoir engagé des concertations avec le ministère des Finances afin de permettre « le retour en exploitation des capacités de production concernées » et « la stabilisation de l’approvisionnement » électrique.

