Le Cameroun a affiché une discipline budgétaire notable au premier semestre 2025, dégageant un solde excédentaire de 123,9 milliards FCFA, soit 0,4 % du PIB. Ce solde budgétaire (la différence entre ce que l’État perçoit et ce qu’il dépense) traduit la capacité du pays à couvrir ses charges sans creuser son déficit. D’après la Revue de l’exécution du budget publiée par le ministère des Finances, le solde primaire atteint 317,1 milliards FCFA et le solde primaire non pétrolier reste positif à 12,7 milliards FCFA.
Cette performance est d’autant plus significative qu’elle tranche avec la situation observée l’année précédente : à la même période en 2024, Yaoundé avait accusé un déficit de 85,3 milliards FCFA (avec 2412,7 milliards FCFA de recettes contre 2498 milliards FCFA de dépenses). L'excédent de fin juin 2025 repose sur une hausse des recettes globales de 53,4 milliards FCFA (+2,2%), tirée par un effort fiscal accru. Le moteur de cette croissance est le secteur non pétrolier, dont les recettes sont passées de 2020,3 milliards FCFA à fin juin 2024 à 2 112,1 milliards FCFA en juin 2025 (+4,5%). Par ailleurs, le soutien des partenaires s'est intensifié, les dons ayant bondi de 14% à 49,5 milliards FCFA.
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Les dépenses budgétaires du Cameroun ont connu une chute de 171,9 milliards de FCFA ( -6,9 %) au premier semestre 2025. Ce recul est principalement dû à la diminution drastique des dépenses d’investissement, qui ont chuté de 552 milliards FCFA à 432,7 milliards FCFA sur un an (-21,6 %). Un fait notable est que cette contraction de l'investissement est largement imputable à la forte réduction des dépenses sur financement extérieur, qui s'établissent à 183,4 milliards FCFA à fin juin, en baisse de -42,3 %. Cela pourrait traduire un ralentissement dans l'exécution des projets financés par les partenaires internationaux.
Parallèlement, les transferts et subventions de l'État ont également été réduits de -22,4 % à 375,5 milliards de FCFA, dans une volonté probable de rationaliser les dépenses publiques. Les dépenses courantes (hors intérêts), qui regroupent notamment la masse salariale, sont restées stables, n'affichant qu'un très léger fléchissement de -0,5 % pour s'établir à 1 701 milliards de FCFA à fin juin 2025.
L’excédent budgétaire réalisé au premier semestre 2025 semble contredire les prévisions alarmantes de la Loi de finances rectificative (LFR). En effet, la LFR anticipait une forte détérioration des comptes de l'État pour l'année 2025 : le déficit prévisionnel a été révisé à la hausse, passant initialement de 107,8 milliards FCFA à 303,9 milliards FCFA dans la LFR. En conséquence, les besoins de financement de l’État camerounais pour 2025 ont également été ajustés à la hausse, passant de 1 795,0 milliards FCFA à 2 326,5 milliards FCFA, soit une augmentation de 531,5 milliards FCFA.

