Une nouvelle unité agro-industrielle dédiée au manioc est en préparation dans l’arrondissement de Mbandjock, département de la Haute-Sanaga. L’annonce est contenue dans un communiqué du ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded), daté du 17 avril 2026, relatif à la tenue des audiences publiques sur l’étude d’impact environnemental et social du projet.
« Le Minepded informe la communauté nationale et internationale de la tenue des audiences publiques relatives à l’étude d’impact environnemental et social détaillée du projet de culture du manioc sur 15 500 hectares […] couplé à la transformation du manioc en produits dérivés », indique le document.
Lire aussi : Manioc : 40 % de la production perdue chaque année au Cameroun faute de transformation
Porté par la société JIBU SCOOPS S.A., spécialisée dans la transformation agricole, le projet prévoit à la fois la mise en culture de 15 500 hectares de manioc et la transformation locale de cette production. Les audiences publiques, programmées du 27 avril au 2 mai 2026 à la chefferie du village Nio Babouté, visent à recueillir les observations des populations et des parties prenantes, à travers la consultation des rapports d’étude mis à disposition.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation structurelle de la filière manioc au Cameroun. Le gouvernement ambitionne de construire 200 unités de transformation entre 2026 et 2030 sur l’ensemble du territoire. Soutenu par la Banque mondiale, ce programme vise à réduire les pertes post-récolte et à améliorer la valorisation locale d’un produit stratégique pour la sécurité alimentaire.
Une filière à fort potentiel mais encore fragile
Malgré une production annuelle estimée à près de 7 millions de tonnes, la filière manioc reste confrontée à des contraintes majeures. Jusqu’à 40% de cette production est perdue chaque année, faute d’infrastructures de conservation et de transformation adaptées, selon le ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbairobé. Cela représente environ 2,8 millions de tonnes de manioc gaspillées.
Ce déficit d’industrialisation intervient dans un contexte où la demande nationale, estimée à 7,5 millions de tonnes, dépasse encore l’offre disponible. Entre 2020 et 2024, la production n’a progressé que de 5,17%, passant de 5,6 à 6,8 millions de tonnes, selon le rapport d’évaluation à mi-parcours de la SND30.
Lire aussi : Agro-industrie : le gouvernement envisage construire 150 unités de transformation de manioc au Cameroun
Les rendements agricoles, compris entre 10 et 15 tonnes par hectare, restent par ailleurs nettement inférieurs aux standards observés dans certains pays comme le Nigeria, où ils atteignent près de 40 tonnes par hectare.
Dans ce contexte, le projet de Mbandjock s’inscrit dans une accélération des investissements dans la transformation du manioc. Le 5 février 2026, une unité de transformation d’un coût de 90 millions FCFA a notamment été inaugurée dans la région du Centre, spécialisée dans la production de farine et de produits dérivés tels que le pain, les brioches ou les beignets.

