Au Cameroun, le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded) a annoncé, dans un communiqué signé le 14 avril 2026 par le ministre délégué Dr Nana Aboubakar Djalloh, la tenue d’audiences publiques du 27 avril au 2 mai 2026 relatives à l’étude d’impact environnemental et social du projet d’exploitation d’une carrière de pierres à Apouh, dans l’arrondissement d’Édéa 1er (région du Littoral).
Le projet est porté par la Société camerounaise d’exploitation minière Lan Jin Sarl. Les consultations se dérouleront à la chefferie d’Apouh. « Les audiences publiques consistent en l’ouverture d’une salle de lecture où seront disposés les rapports de l’étude, ainsi que des registres destinés à recueillir les observations des participants », précise le communiqué.
Ces audiences constituent une étape préalable à l’obtention de l’autorisation d’exploitation, conformément au cadre environnemental et au Code minier révisé en 2023, qui impose la réalisation d’une étude d’impact détaillée et la consultation des parties prenantes avant tout lancement de projet.
Le communiqué ne précise pas la nature exacte des pierres visées. Toutefois, selon le rapport ITIE 2023, les carrières au Cameroun exploitent généralement du sable, des granulats, des latérites, du calcaire, de la pouzzolane ou encore de l’argile. Ce segment alimente principalement le secteur des BTP, porté par les projets d’infrastructures et l’urbanisation croissante.
L’arrivée de Lan Jin Sarl intervient sur un marché déjà structuré autour d’acteurs industriels et de groupes liés au BTP et au ciment, tels que le français Razel ou les Cimenteries du Cameroun (Cimencam), filiale du groupe Lafarge. En 2023, la production nationale de carrières a connu des évolutions contrastées : le sable a fortement progressé (+128% à 902 214 tonnes), tout comme les granulats (+17%) et les latérites (+19%), tandis que le calcaire (–23%) et la pouzzolane (–28%) ont reculé, selon les données du ministère des Mines compilées par l’ITIE.
Le développement de nouvelles carrières s’inscrit dans un contexte de réformes du cadre minier, marqué par l’entrée en vigueur du Code minier de décembre 2023 et de ses décrets d’application en 2024. Ces réformes visent notamment à renforcer la transparence dans l’octroi des titres et le suivi des opérations. Le secteur reste toutefois confronté à des défis persistants, notamment l’absence de données consolidées sur la valeur des productions, la faible transparence des recettes locales et les retards dans l’opérationnalisation du fonds de réhabilitation des sites. L’ITIE recommande à cet effet une meilleure divulgation des données financières et un renforcement du suivi des obligations environnementales et sociales.
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