L'entreprise Radiocom SA, vient d’être déclarée adjudicataire d’un marché lancé par l’Agence de régulation des télécommunications (ART) depuis le 06 octobre 2025. Selon la note qu’EcoMatin a pu consulter, cette entreprise a pour missions, entre autres, la fourniture, l'installation et la mise en service des modules d'extension du Centre de supervision du trafic national/international, des opérations de transfert d'argent électronique (Mobile Money) et de lutte contre les fraudes en communications électroniques au sein de l’ART. Coût de la prestation : 2,9 milliards de FCFA. Délai d’exécution : 12 mois.
Selon la note signée du directeur général de l’ART, Philémon Zoo Zame, il revient désormais à cette entreprise de renforcer les infrastructures du régulateur des télécoms camerounais.
Le recrutement de Radiocom intervient dans un contexte où Orange et MTN ont réalisé un bénéfice cumulé de 11,4 milliards FCFA sur le segment Mobile Money en 2024, selon la COBAC. Alors même que le secteur des télécoms camerounais fait face à de multiples défis. En effet, les abonnés des deux principaux opérateurs télécoms offrant des services du Mobile Money (Orange et MTN) se plaignent régulièrement d’arnaques. L’une des méthodes consiste à envoyer des SMS aux abonnés ou les appeler en leur demandant de saisir des codes pour renforcer les mots de passe de leurs comptes Mobile Money. Sauf qu’en saisissant les codes fournis par les fraudeurs, le titulaire du compte donne accès à son porte-monnaie électronique qui est vidée par la suite.
Une autre astuce de fraude électronique est l’activité des « Simbox ». Il s’agit d’un boîtier électronique utilisé pour se faire facturer l’appel international au tarif local. Pour lutter contre ce phénomène, les opérateurs de télécoms du Cameroun Camtel (public), MTN, Orange et Nexttel (privés) avaient signé le 22 juin 2017 à Yaoundé un protocole d’accord visant essentiellement la coordination des efforts de lutte contre la fraude par Simbox, sous la supervision de l’ART. Les signataires ont été invités, à l’époque, à disposer d’outils techniques fiables permettant de détecter et d’identifier en temps réel les numéros Simbox. Mais à cause de l’absence d’un cadre réglementaire de collaboration entre les opérateurs et la non-fiabilité des données issues du processus d’identification des abonnés, cette coordination affiche des lacunes.
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Selon les données du ministère camerounais des Postes et télécommunications, le manque à gagner du fait de cette fraude a atteint 22,2 milliards FCFA en 2015. Soit 18 milliards pour les 4 opérateurs de téléphonie locaux qui ont perdu 100 millions de minutes d’appels émis depuis l’étranger et 4,2 milliards de FCFA pour l’État du fait des taxes non perçues.

