Au Cameroun, le gouvernement est toujours à la recherche d’une solution pérenne au financement de la formation professionnelle, question de réduire le taux de chômage estimé à 74% à date selon les chiffres officiels. Après son passage devant la Commission des Finances et du budget de l’Assemblée nationale la semaine dernière, Issa Tchiroma Bakary, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, (Minefop) a émis l’idée d’une mutualisation des forces qui aboutirait à la création d’un dispositif d’investissement dans ce secteur créateur de richesses (emplois).
Pour le membre du gouvernement, la formation professionnelle coûte excessivement cher. Par conséquent, « son financement n’est pas seulement l'apanage du gouvernement. C’est toute la Nation qui doit se mobiliser pour financer la formation professionnelle. Parce qu’au moment où le monde avance pour avoir embrassé la formation professionnelle, le Cameroun ne peut pas se permettre d'être en retrait. Le gouvernement, le secteur public, le secteur privé doivent tous être mobilisés pour dégager suffisamment de ressources pour mettre en place un Fonds national pour le financement de la formation professionnelle », a-t-il déclaré. En substance, cet appel des pouvoirs publics laisse transparaître, les limites de la mesure instituée dans la loi de finances 2023 fixant le prélèvement à l’équivalent de deux mois de salaire et traitement brut pour les travailleurs non africain.
Initialement, le gouvernement comptait s’appuyer sur les recettes non fiscales issues de ce secteur pour transformer progressivement la près de 300 SAR-SM (section artisanale rurale et section ménagère) en centres de formation aux métiers ultramodernes. Sauf qu’à la première année d’implémentation de la mesure, sur un objectif de 14 milliards de Fcfa, à peine 5 milliards de Fcfa ont été mobilisés (35%) d’après les confidences de Jeanine Ngo’o Eba, directeur de la régulation de la main d’œuvre au Minefop au quotidien gouvernemental Cameroon Tribune en janvier dernier. A fin décembre 2024, le Minefop vise 20 milliards de Fcfa. A quelques semaines de la fin d’année, aucune information ne filtre sur le montant recouvré depuis le début de l’exercice. Néanmoins, pour atteindre cette fois-ci le résultat escompté, Issa Tchiroma Bakary dévoilait le 11 janvier 2024, la nouvelle stratégie axée sur l’appel à un cocontractant (un expert) qui pendant trois ans, donnerait les détails sur le nombre (plus ou moins exact) des étrangers en terre camerounaise y compris leurs origines, leur capital savoir, leurs salaires.
Budget en hausse de 5 milliards de Fcfa
Le budget du Minefop pour le compte de l'exercice 2025 s’élève à 33,1 milliards de Fcfa contre 28,8 milliards de Fcfa en 2024. Une enveloppe qui, pour Issa Tchiroma Bakary, est certes en hausse de 4,3 milliards de Fcfa (+15%) en glissement annuel mais elle reste insuffisante par rapport à l’objectif à atteindre. La même source renseigne que la transformation d’une SAR/SM en centre de formation professionnelle coûte entre 2 et 3 milliards de Fcfa. Calculette en main, le gouvernement nécessite entre 600 et 900 milliards de Fcfa pour ce faire. « S’agissant des moyens mis à notre disposition c’est 33 milliards de Fcfa. Même si cette somme était mise à ma disposition pour la construction des centres de formation professionnelle modernes, je n’aurais pas pu construire plus de 4 ou 5 centres alors que le chef de l’Etat a prescrit la transformation de 300 SAR/SM en centre de formation professionnelle. Vous voyze donc l’immensité de la tâche pour relever le défi », a-t-il plaidé au poste national.

