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Cameroun : vers une hausse de 4% sur les prévisions des recettes douanières en 2024

Selon des sources au sein de la douane, la proposition a été faite par le Fonds monétaire international (FMI) dont la délégation séjourne au Cameroun jusqu’au 8 mai prochain.

Publiée mercredi 1 mai 2024 à 13:05:23Modifiée dimanche 5 mai 2024 à 11:07:55Temps de lecture 4 minPar Mairamou Abdou

Fongod Edwin Nuvaga, Directeur général des Douanes cameroun

Depuis la semaine dernière et ce, jusqu’au 8 mai 2024, une mission du Fonds monétaire international (FMI) séjourne au Cameroun dans le cadre de la 6ème revue du Programme économique et financier conclu depuis juillet 2021. D'après le ministère des Finances (Minfi), l’institution de Bretton Woods travaille avec le gouvernement non seulement à assurer une croissance durable mais aussi, à mettre sur pied les mesures qui permettront au pays de faire face aux chocs mondiaux. Aux rangs de ces mesures envisagées, l’on évoque la mobilisation de plus de recettes pour atteindre les objectifs budgétaires votés à 6 740,1 milliards de Fcfa pour l’exercice 2024.

Lire aussi : Produits pétroliers : le gouvernement reconduit la valeur des taxes à l’importation en dépit des pertes douanières enregistrées

A l’observation, la douane qui est l’un des pourvoyeurs de revenus de la République, figure parmi les cibles de la mission de ce partenaire financier multilatéral. Des sources bien introduites au sein de la Direction générale des Douanes (DGD) font savoir que les objectifs initiaux qui sont de 1 079,9 milliards de Fcfa (16% du budget de l’Etat) dans la loi de finances 2024, devraient augmenter de 40 milliards de Fcfa (+3,7%) sous proposition du bailleur de fonds. « Le FMI propose 1 120 milliards de Fcfa de recettes en 2024. on doit suivre un plan d’ajustement et celui-ci au niveau douanier c’est à trois niveaux : la mobilisation des recettes, l’attractivité du territoire économique et la liquidation de la dette », nous confie notre informateur.

Recouvrement de la dette

Sous ce rapport, il est possible d’entériner cette hausse et d’atteindre les objectifs escomptés grâce à un certain nombre de facteurs. Il s’agirait dans un premier temps, de recouvrer la dette des traders ou encore celle de l’Etat. « Le prix à la pompe a augmenté et qu’il fallait également augmenter par les recettes des douanes. Quand les marqueteurs importent du carburant, ils importent toutes taxes comprises (TTC). Tous ces marqueteurs nous doivent plusieurs dizaines de milliards de Fcfa. Et chaque fois qu’on veut tenir une réunion, il y en a qui trouvent toujours un prétexte…Ils paient quand même en compte-goutte quand ils veulent. En somme, des gens nous doivent beaucoup d’argent y compris les administrations publiques », nous souffle notre source avant d’expliquer : « si le carburant était par exemple à 100 F et qu’il passe à 150 F, dans le surplus de 50 F, il y a une péréquation où on répartit les 50F sur ce qui existe déjà et la douane va se retrouver à avoir par exemple 5F, 7F et c’est ça que nous voulons ».  Pourtant, selon la structure des prix concernant le pétrole au Cameroun sur la période allant du 1er au 30 avril 2024, la catégorie ‘’prix du produit importé’’ affiche 10% de la valeur imposable du Coût-assurance-fret (CAF)  à prélever sur le super (14 Fcfa) le pétrole (15,81 Fcfa) et 15,42 F pour le gasoil, en guise de droits de douanes.

Lire aussi : Produits pétroliers : au premier semestre, la douane essuie une perte d’environ 56 milliards du fait de la réduction des taxes à l’importation

Vente du cacao

De l’autre côté, apprend-t-on, le prix de vente du cacao au Cameroun serait une autre piste à explorer pour booster les recettes douanières. Le kilogramme de fève de cacao est actuellement vendu à plus de 5 000 Fcfa. Cette embellie du prix devrait donc se poursuivre au niveau des exportations, ce qui permettrait à la douane de mobiliser plus de recettes à travers le droit de sortie fixé à 10%. Du reste, si la douane table déjà une révision à la hausse, elle n’écarte non plus les incertitudes qui pourraient affecter la mobilisation des recettes : la guerre russo-ukrainienne, les accords de partenariat économiques (APE), la Zlecaf, la guerre au Soudan, etc. La majorité de ces facteurs ont induit la DGD à revoir à 973 milliards de Fcfa en 2023, ses objectifs qui étaient initialement de 1 004 milliards même si l’institution dirigée par Edwin Fongod Nuvaga a finalement dépassé ces projections jusqu’à franchir la barre de 1 000 milliards de Fcfa à fin 2023 pour une première fois.

Lire aussi : Sonara : le processus de restructuration de la dette due aux traders s’achève à fin octobre 2023 (Minfi)

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