Volte-face sur les projections de mobilisation des recettes pétrolières au Cameroun. Initialement prévues à 828,3 milliards de Fcfa en 2025, en hausse de 26,7 milliards de Fcfa (+3,3%) par rapport aux 801,6 milliards de Fcfa visés en 2024, le projet de loi de finances (LF) 2025 vient de modifier ces prévisions contenues dans le Document de programmation économique et budgétaire 2025-2027. Le document en attente de promulgation par le président de la République table plutôt sur 734,8 milliards de Fcfa en baisse de 66,8 milliards de Fcfa (-8,3%) par rapport au montant attendu à fin décembre 2024. Selon le document consulté par EcoMatin, la chute continue des recettes pétrolières serait attribuée au « recul du prix mondial du baril couplé à la baisse de la parité du dollar et du Fcfa ». De plus, après une contraction de -2,6% estimée en 2024, la croissance du secteur pétrolier devrait se poursuivre pour ressortir à -1% l’an prochain du fait de « la baisse de la production pétrolière », projette le gouvernement camerounais.
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Il convient de souligner que le montant des recettes pétrolières prévu au Cameroun constituerait la plus faible performance sur 3 ans. Sur un objectif de 841,8 milliards de Fcfa, le Cameroun a collecté 877 milliards de Fcfa en 2023 soit un taux de réalisation de 103,3%. Après un relèvement des revenus issus de la vente du pétrole initialement prévue en 2025, les pouvoirs publics tablaient plutôt sur une chute progressive en 2026 (612,5 milliards de Fcfa) et 580,6 milliards de Fcfa en 2023 « compte tenu de de la baisse simultanée de la production et du prix du gaz ainsi que de la poursuite de l’évolution baissière des cours mondiaux du pétrole », note le document produit par le ministère des Finances. Si le gouvernement fonde son pessimiste sur des éventuelles perturbations de l’évolution des cours mondiaux du baril de pétrole, il n’évoque non plus l’éventuelle coup de pouce que viendrait donner la Société nationale d’hydrocarbures (SNH). Pourtant, le Dpeb tablait sur une hausse des recettes comptant sur la redevance pétrolière et gazière tirée par l’augmentation à la fois de la production du gaz et de son prix, ainsi que par l’appréciation du dollar par rapport au Fcfa.

