En République centrafricaine, le ministre du Développement de l'Énergie et des ressources hydrauliques vient de renouveler pour une durée de 60 jours pour compter du 21 juillet, la réquisition de 6 stations-services du marqueteur Transafrica Market Oil (Tamoil), qui a repris à 100% les actifs de la filiale locale de TotalEnergies, l'an dernier. Arthur Bertrand Piri a motivé sa décision par le constat que cette société n'est toujours pas en capacité de reprendre ses activités de distribution des produits pétroliers. Le constat de sa défaillance ne vaut pas que pour la capitale Bangui où sont basés les 6 stations-services saisies ; même dans l'arrière-pays, les premiers mois d'activités de Tamoil ont été rythmés par des pénuries graves. Ceci explique d'ailleurs pourquoi 4 autres points de vente appartenant à l'ex-réseau TotalEnergies remis en service il ya environ 5 mois sont eux aussi réquisitionnés pour compter du 21 juillet 2024 et confiés aux mêmes gestionnaires privés qui ont hérité à titre provisoire des stations-services de Bangui. Il s'agit, plus précisément, des stations de Mbaïki (préfecture de la Lobaye), Bossangoa (préfecture de l'Ouham), de Sibut (dans la circonscription administrative de Kémo), et enfin de celle du camp Ucatex (périphérie de Bangui).
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Le nouveau marqueteur qui a officiellement changé de dénomination il y a quatre mois est accusé d'avoir créé une pénurie de carburant à Bangui, « causant des dommages importants sur les plans économiques, financiers et sociaux ». En effet, avant leur réquisition, toutes les 11 stations-service de l'ex-réseau TotalEnergies tombées dans l'escarcelle de ce nouvel opérateur étaient en arrêt, faute de carburant. La raison ? En moins de six mois d'activité dans le pays, Tamoil a accumulé des impayés d'environ 2 milliards Fcfa qui ont poussé le nouvel importateur exclusif de produits pétroliers en République centrafricaine, Neptune Oil SA, à suspendre ses approvisionnements.
Elle serait Ses impayés à vis-à-vis de l'État s'élèveraient également autour de 2 milliards Fcfa. Cette situation lui avait valu plusieurs avertissements et une amande 200 millions Fcfa à payer trésor public. Le 03 juin, le ministre de l'Energie était passé à la vitesse supérieure en réquisitionnant 6 premières stations-service de son réseau, pour une durée de 45 jours.
La situation qui traverse Tamoil RCA est quelque peu paradoxale quand on prend en compte les investissements qu'a consentis la compagnie à partir d'août 2023 (plusieurs millions d'euros, d'après la maison mère, la banque d'affaires Rochefort & Associés) dans la réhabilitation de l'ex-réseau de stations-service TotalEnergies. Elle avait, par ailleurs, mobilisé des trésors de diplomatie, à travers le Français Enguerrand Rochefort, le PDG de la holding Rochefort & Associés, pour aplanir les dissensions qui avaient profondément parasité les relations entre les autorités centrafricaines et TotalEnergies, avant le départ de ce dernier. Tamoil s'était, notamment, engagé à régler une dette fiscale de 2 milliards Fcfa que son avant a catégoriquement refusé de régler à l'Etat centrafricain. Depuis son arrivée, Tamoil s'était montré très coopératif, saluant au passage les autorités centrafricaines « pour l'esprit de partenariat qui a toujours prévalu lors des échanges des derniers mois, favorisant ainsi un développement durable des activités dans l'intérêt général des Centrafricains».
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La crise en cours embarrasse fortement Neptune Oil SA qui, dans le cadre de l'exécution de son contrat en RCA, a pour partenaire principal Tamoil SA, société née sur les cendres de TotalEnergies RCA. La filiale de Rochefort & Associés était pourtant sur une bonne lancée : elle a réussi le pari de relancer le fonctionnement des 28 stations de sa prédécesseuse. Elle s'est, malheureusement, trop tôt enfermée dans le cercle vicieux de l'endettement, en accumulant sur une très courte période des impayés à hauteur de 2,5 millions d'euros auprès de son fournisseur. Or, sur la base des clauses contractuelles entre les parties, le marketeur français doit payer cash les livraisons de produits pétroliers, l'objectif étant que le marché centrafricain soit régulièrement approvisionné par Neptune Oil et que la stabilité soit assurée au niveau des prix.

