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Carburants : vers une harmonisation des prix à la pompe

La réforme vise à rétablir une certaine équité entre les habitants des villes dotées de dépôts pétroliers et ceux des localités les plus éloignées. La conjoncture favorable sur le marché internationale du pétrole donne des marges de manœuvre au gouvernement.

Le président du Syndicat National des Employés du Secteur Terrestre (Synester), porte-parole de la plateforme des Syndicats des transporteurs urbains, Jean Collins Defossokeng, multiplie les séances de travail avec ses camarades depuis bientôt un mois. Il est question de recueillir des contributions de ses acteurs dans le cadre d’une étude que la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph) mène en ce moment. La Csph projette d’harmoniser les prix des produits pétroliers (essence super, gasoil, pétrole lampant, gaz domestique) sur toute l’étendue du territoire.C’est que, les habitants de Bafoussam, Belabo, Douala, Garoua, Limbe, Yaoundé où sont installés les dépôts des produits pétroliers les achètent aux prix planchers de 350 Fcfa le litre de pétrole lampant, 575 Fcfa/L de gasoil, 630 Fcfa/L de super et 6500 Fcfa la bouteille de 12,5 kg de gaz domestique. Les résidents des autres localités doivent débourser un peu plus, en fonction de la distance avec le dépôt de rattachement.

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Ainsi, un automobiliste d’Edéa (70 km de Douala) déboursera ainsi 358 Fcfa le litre de pétrole lampant, 583 Fcfa/L de gasoil, 638 Fcfa/L de super et 6603 Fcfa la bouteille de 12,5 kg de gaz domestique. A Bafia (120 km de Yaoundé), le consommateur doit ajouter 14 Fcfa par rapport aux prix à la pompe à Yaoundé et 147 Fcfa de plus pour le gaz domestique. A Yokadouma (364 km du dépôt de Belabo), les prix sont 42 Fcfa plus chers à la pompe et 1447 Fcfa pour le gaz, qu’au dépôt (Belabo) situé à 364 km. Par rapport à Garoua située à 470 km plus loin, le client qui vit à Kousseri doit payer 54 Fcfa de plus à la pompe et la ménagère, jusqu’à 1382 Fcfa de plus pour avoir sa bonbonne de gaz.

Dans un pays où les salaires sont harmonisés, on trouve cette situation de plus en plus inacceptable au sein du gouvernement. « Nous nous devons d’uniformiser les prix. Les populations des zones rurales ont besoin d’une justice, d’une équité mieux d’une égalité sociale. D’où ce projet d’harmonisation des prix des produits pétroliers », explique Ze Nguele, directeur technique à la Csph. Le calendrier de mise en œuvre de cette réforme n’est pas encore arrêté mais le principe est déjà acquis et semble irréversible. Ce d’autant plus que la conjoncture nationale et internationale s’y prête.

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Economie sur toute la chaine

En effet, l’incendie qui a ravagé certaines unités de production de la raffinerie nationale (Sonara) le 31 mai 2019 et la baisse des cours du pétrole sur le marché international n’ont pas qu’un impact négatif. Cette situation présente aussi quelques avantages ou, à tout le moins, des opportunités que le gouvernement comptent saisir. Depuis son incendie, la Sonara fonctionne non plus comme un producteur mais un distributeur de pétrole. Cette situation a amené le gouvernement à adopter un nouveau mécanisme d’approvisionnement du marché local. Ledit mécanisme consiste à sélectionner par voie d’appel d’offres, des Traders qui auront, pour une période donnée, la charge de mobiliser leurs produits dans les eaux Camerounaises avec un niveau de prime plus compétitif comme critère de sélection, et les vendre aux principaux importateurs dont la Sonara.

Devant la commission des Finances et du Budget de l’Assemblée nationale, le 30 novembre 2020, le ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba a expliqué que ce mécanisme a eu le mérite de « faire passer les primes qui, jadis atteignaient des niveaux records de 179 dollars/TM pour le Super et le Gasoil, à 30 dollars/TM pour le Super et 45 dollars/TM pour le Gasoil. » Depuis l’opérationnalisation de ce nouveau mécanisme, un volume de 916 000 m3 tous produits confondus a été livré au Cameroun. « Il a permis à l’Etat de réaliser des économies budgétaires évaluées à environ 10 milliards de Fcfa par mois au titre de la subvention des prix à la pompe».

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Dans le projet de loi de finances 2021 en examen au Parlement, on note une baisse de 20,8 milliards de Fcfa sur la ligne « transferts et subventions » soit 3,9% en valeur relative. Selon le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, « cette baisse concerne la subvention dédiée du soutien du prix du carburant à la pompe en raison du niveau encore bas du cours mondial du baril de pétrole (43,8 dollar/baril). En effet, en deçà d’un prix mondial du baril de pétrole de 50 dollars, les marketers dont la Sonara n’enregistrent pas en principe de manques à gagner sur leurs importations des hydrocarbures».

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