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Politiques Publiques

CEEAC : les petits arrangements politiques à la Commission

Les chefs d’Etat et les ministres des 11 pays membres ont achevé d’arbitrer sur les postes mis en compétition au sein de la commission, l’organe exécutif de l’organisation sous-régionale. Quitte à mettre parfois de côté la sélection opérée par le consultant recruté à cet effet. Eclairage…​

Publiée mercredi 28 janvier 2026 à 17:42:42Modifiée mercredi 28 janvier 2026 à 19:08:07Temps de lecture 6 minPar Simon Pierre Mbarga

Obiang Nguema Mbasogo, Président de la République de Guinée Équatoriale et Président en exercice de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEEAC

La RCA est la principale victime du renouvellement des positions au sein de la commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Pourtant, le Centrafricain Jean-Jacques Demafouth, ancien ministre de la Défense de son pays, était arrivé en tête des candidats ayant postulé comme commissaire aux affaires politiques, paix et sécurité. Son compatriote Hervé Martial Maidou, actuel secrétaire exécutif de la Commission des forêts d'Afrique centrale (COMIFAC), avait été le mieux classé à l’emploi de commissaire à l’environnement, ressources naturelles, agriculture et développement rural, selon le premier classement opéré par Forvis Mazars. Ce cabinet avait été retenu pour sélectionner les meilleurs postulants aux différents postes mis en compétition, à l’exception de celui de president où le principe de la rotation s'applique.

A l’arrivée, aucun ressortissant de ce pays n’a été retenu par les chefs d’Etat réunis en visioconférence le 25 janvier dernier. Pourtant, Forvis Mazars fut chargé de revoir sa copie lors du sommet du 7 septembre, en Guinée équatoriale, ayant abouti à la désignation du Burundais Ezéchiel Nibigira en tant que président de la commission. Car, il fallait tenir compte des reclamations de Malabo, Libreville et de Kinshasa, dont les dossiers de candidature de leurs ressortissants avaient essuyé un rejet pour diverses raisons, parmi lesquelles le dépôt hors délais des documents.

Unique changement

Les résultats de la nouvelle évaluation du consultant n’ont abouti qu’à un seul changement. Maxime Nzita Nganga Di Mavambu (RDC) remplace le Centrafricain Hervé Martial Maidou à la position de commissaire à l’environnement, ressources naturelles, agriculture et développement. Cet ingénieur agro-économiste formé à l'université de Kinshasa est un spécialiste du bassin du Congo qui a notamment été chef de mission régionale d’un partenariat entre l’Union européenne et la Ceeac portant sur l’économie verte et la biodiversité. Avant l’officialisation de sa nomination, il travaillait pour la Wildlife Conservation Society (WCS), une ONG de protection de la faune et des écosystèmes sauvages.

Lire aussi : Afrique centrale : la fusion Cemac - Ceeac affiche 55,31% de taux de réalisation

Deux cas restent néanmoins problématiques et feront l’objet d’un traitement hautement politique. Le Centrafricain Jean-Jacques Demafouth reste le favori, selon Mazars Forvis, aux affaires politiques, paix et sécurité, comme le Camerounais Jacob Kotcho Bongkwaha au marché commun, aux affaires économiques, monétaires et financières. Le premier sera remplacé par le général gabonais Marcel Yves Mapangou Moussadji, 61 ans, lors du sommet des chefs d’Etat, car le conseil des ministres du 16 janvier n’a pu s’accorder sur le récipiendaire. « Néanmoins, en considération des critères d’éligibilité à ce poste, notamment le mérite des candidats, la contribution des Etats membres au budget de la Communauté, la priorité accordée aux pays n’ayant pas occupé de poste de commissaire lors de la mandature précédente et l’équilibre de genre, il convient de relever que la candidature de Mapangou Moussadji Marcel Yves, de la République gabonaise, satisfait pleinement à l’ensemble de ces exigences », mentionne clairement le rapport des ministres. La pression de Libreville, qui abrite le siège de l’institution, arguait être à jour de ses cotisations et faisait valoir l’absence de l’un des siens à la dernière mandature de la commission, a fini par payer pour imposer celui qui officiait en tant que coordonnateur du programme frontières de la Ceeac.  

Lire aussi : CEMAC/CEEAC : un Sommet conjoint annoncé à Yaoundé au mois de juillet

 Le second quant à lui, actuel directeur du marché commun à la commission, n’a pas pesé lourd dans l’arbitrage que son pays devait opérer entre deux candidats. Car, sa compatriote Nelly Banaken Elel a - comme lui - victorieusement bravé les deux évaluations de Forvis Mazars s’agissant de la charge de commissaire à la promotion du genre, au développement humain et social. “ Elle a été largement soutenue par ses confrères diplomates occupant des postes clés tant au ministère des Relations extérieures qu’à la présidence de la République”, soutient un analyste au fait du dossier. Diplomate de métier, la Camerounaise était depuis huit ans premier conseiller à la délégation permanente du Cameroun auprès des Nations Unies, à New York.

Choix de Lourenço

Ce qui permet donc à l’Angolais Tavira da Silva Olouimo Diai de récupérer le commissariat au marché commun, aux affaires économiques, monétaires et financières. N’ayant jamais été dans les petits papiers de Forvis Mazars, ce cadre supérieur de l'administration générale des impôts de son pays, passé par l’Organisation mondiale de la douane (OMD) et la Banque mondiale, est le choix du président João Manuel Gonçalves Lourenço et profite du poids considérable de son pays au sein de l’organisation.

Les chefs d’Etat et les ministres ont suivi le consultant sur la vice présidence et le commissariat à l’aménagement du territoire et aux infrastructures. La première charge échoit à la Tchadienne Mariam Mahamat Nour, 69 ans, égérie des régimes Deby père et fils. Cette économiste de formation a été secrétaire générale du gouvernement et ministre de l’Economie dans son pays. Elle a également une carrière internationale à la FAO et a mené des consultations pour la Banque mondiale et l’Unicef. Le Congolais Maurice Niaty-Mouamba hérite du second poste. Cet ingénieur, consultant en infrastructure et transport à la Commission de l’Union africaine, fut ministre des transports et de l’aviation civile de son pays. Cet économiste des transports siégera, comme les autres récipiendaires, à la commission pour les cinq prochaines années.

Lire aussi : Fusion CEMAC-CEEAC : le sommet de Yaoundé reporté sine die

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