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CEMAC : 90 milliards de FCFA de créances en souffrance dans le secteur de la microfinance en 2018

Dans le même temps, les 619 établissements de microfinance en activité dans les six pays de la sous-région) ont accordé aux agents économiques des crédits pour un montant global de 493 milliards de FCFA, selon la Beac.

Par définition, une créance désigne le droit de réclamer un remboursement auprès de son client. La créance est en souffrance dès lors que la société n’arrive pas à faire valoir ce droit. Dans son rapport annuel 2018, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) indique que le portefeuille des 619 Etablissements de MicroFinance (EMF) en activité dans les six pays de la Cemac a enregistré des créances en souffrance d’un montant de 90 milliards de FCFA. Ce qui représente 18% des crédits bruts à la clientèle. Cette situation peut s’expliquer par le fait que les crédits dans ce secteur, comme d’ailleurs dans le secteur bancaire, sont majoritairement de court terme (puisque les dépôts sont à vue), ce qui met la pression sur les créanciers et hypothèque souvent les remboursements.

Excédent de 416 milliards de FCFA

Au cours de l’année 2018, ces établissements de microfinance ont réalisé un total bilan de 1103 milliards de FCFA, avec des crédits bruts de 493 milliards de FCFA constitués principalement des crédits à court terme et des dépôts de la clientèle de 774 milliards de FCFA. Les EMF ont affiché un excédent de trésorerie estimé à 416 milliards FCFA. Ce volume important de créances en souffrance, apprend-on, peut être imputé aux taux d’intérêt souvent élevés pratiqués par de nombreux établissements de microfinance, sans compter la persistance de la culture du non-remboursement chez de nombreux clients des structures financières.

Cameroun, portefeuille le plus pourri

Le secteur de la microfinance connaît des défis en matière de gestion dans la Cemac. À titre d’illustration, pour la seule année 2017, la Cobac a adressé une injonction à 55 EMF, à l’effet de se conformer à la réglementation prudentielle. Pour comprendre l’importance des EMF, il faut noter que les crédits bruts distribués par les 829 établissements de microfinance recensés dans la zone Cemac, au cours de l’année 2016, se sont établis à 535,5 milliards de FCFA. « Les proportions les plus importantes ont été distribuées par les établissements de microfinance (EMF) du Cameroun (75%), du Congo (17%) et du Gabon (5,3%) ». Par ailleurs, la Banque centrale précise que le Cameroun, locomotive économique de la Cemac, qui abritait, à elle toute seule à l’époque, 523 EMF, soit plus de la moitié des structures de microfinance recensées dans cet espace communautaire, revendiquait également le portefeuille crédits le plus pourri, au cours de la période sous revue. En effet, apprend-on, au 31 décembre 2016, les créances en souffrance dans les EMF de la zone Cemac «se sont élevées à 71,7 milliards de francs CFA, représentant environ 13,4 % des crédits bruts» et ont été «concentrées au Cameroun (79 %) et au Gabon (13 %)».

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