En 2023, le volume de crédits bancaires de court terme dans les six pays (Cameroun, Tchad, RCA, Gabon, Guinée équatoriale et Congo) de la Cemac est ressorti à un peu plus de 5 913 milliards de Fcfa, révélant une augmentation en glissement annuel de 11%. Selon le rapport d’activités de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), qui révèle ces chiffres, la hausse de ces crédits dédiés à la satisfaction des besoins de consommation ou de trésorerie, et dont la durée n’excède généralement pas un an, est portée par le regain d’activité des banques congolaises et gabonaises sur ce segment du financement de l’économie.
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En effet, bien que l’enveloppe des crédits de court terme octroyés par les banques en activité au Cameroun (pays abritant tout seul environ 40% du réseau bancaire de la Cemac) soit de 2 720,3 milliards de Fcfa au 31 décembre 2023, elle n’augmente que de 16% sur un an, en comparaison avec les banques congolaises qui ont enregistré la plus forte progression des crédits de cette catégorie. Dans le détail, en 2023, les concours financiers de ce type ont bondi de 37,4% au Congo, atteignant 836,9 milliards de Fcfa, contre 609,2 milliards de Fcfa à fin 2022. Ce qui révèle une hausse en valeur absolue de près de 230 milliards de Fcfa sur un an.
Dans la Cemac, le Gabon pointe au second rang des rois du crédit de court terme en 2023, avec une enveloppe totale de 1 022 milliards de FCfa mise à la disposition des entreprises et des particuliers. Ce qui correspond à une augmentation de 21,5% sur un an, si l’on se refère aux 841 milliards de FCfa de crédits de court terme octroyés en 2022 aux particuliers et aux entreprises par les banques du Gabon. Au Tchad, ces concours financiers enregistrent également une augmentation de 14,7% entre 2022 et 2023, passant de 574,3 milliards à près de 659 milliards de Fcfa.
Cap sur l’investissement en Guinée et en RCA
Les progrès ainsi réalisés par les établissements de crédit des trois pays cités plus haut, en termes de financement de l’économie au moyen des concours financiers remboursables sur de courtes durées, ont été atténués par la baisse drastique enregistrée en Guinée équatoriale. En effet, apprend-on, cet émirat pétrolier, dont la situation économique n’a pas été des plus reluisantes en 2023, en raison de la baisse du PIB pétrolier de 12,8% ayant induit une régression de 5,7% du PIB réel, a enregistré une chute de 36,4% du volume des crédits bancaires de court terme. Ils sont ressortis à 445,2 milliards de Fcfa en 2023, après 700,3 milliards de Fcfa à fin 2022. En RCA, l’enveloppe recule de 11% entre les deux périodes, passant de 99,5 à 88,5 milliards de Fcfa.
L’analyse des chiffres de la Beac permet cependant d’observer que le recul du crédit de court terme dans ces deux pays est consécutif à un intérêt plus prononcé des banques et de leurs clients pour les concours financiers de moyen et long termes. Ces types de crédits sont plus adaptés aux investissements dans les secteurs productif et infrastructurel, du fait des durées de remboursement plus longs. En effet, apprend-on, avec une progression de 10,5% sur un an, la Guinée équatoriale enregistre, par exemple, la plus forte progression des crédits de moyen terme dans la Cemac en 2023, devant le Gabon, 2ème sur le podium avec un taux de progression de 6,9%. Le pays de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo affiche également une hausse de 26,5% sur les crédits de long terme. Sur ce registre, Malabo pointe cependant loin derrière le Gabon (82,8%), le Tchad (+57,3), le Cameroun (+48,2%) … mais devant le Congo (-39,5%).
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En RCA, le crédit bancaire de long terme progresse de 27,3% entre 2022 et 2023, tandis que les concours financiers de moyen terme bondissent de 6,2%, enregistrant ainsi la 3ème meilleure performance de l’espace Cemac, derrière la Guinée équatoriale (+10,5%) et le Gabon (+6,9%). Le Cameroun, locomotive économique de la Cemac fait moins bien que Bangui, avec un taux de progression de seulement 4,9% sur les crédits de moyen terme entre 2022 et 2023.

