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Cemac : face à une légère baisse de l'inflation, la Beac renforce ses offres de liquidités

Depuis juin 2024, la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Beac) a choisi d’assouplir sa politique monétaire en multipliant les injections de liquidités dans le circuit bancaire, avec pour objectif de stimuler la croissance dans la zone Cemac, prévue à la hausse à 3,3% en 2024.

Publiée jeudi 19 septembre 2024 à 11:53:17Modifiée jeudi 19 septembre 2024 à 12:27:18Temps de lecture 4 minPar Arthur WANDJI

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La Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) semble traverser une période de réajustement économique stratégique. Le resserrement monétaire opéré par la Banque des États de l'Afrique centrale (Beac) ces trois dernières années pour lutter contre l'inflation laisse peu à peu place à une politique plus souple. Cette transition pourrait représenter un tournant pour l'économie sous-régionale, alors que la Beac tente d’oxygéner les banques commerciales tout en suivant attentivement les évolutions de l'inflation et de la croissance économique.

Une politique monétaire plus souple depuis juin

Depuis juin 2024, la banque centrale a modifié son approche monétaire. L’institut d’émission commun aux six Etats de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République centrafricaine et Tchad) intensifie ses offres de liquidités. Cette stratégie vise à alléger les tensions sur le marché du crédit, permettant aux banques commerciales d’accéder plus facilement à des financements à court terme. Entre le 11 juin et le 10 septembre 2024, la Beac a ainsi proposé 14 offres de liquidité, pour un montant total de près de 2 500 milliards de Fcfa. La dernière opération, une offre de 200 milliards de Fcfa, bien que significative, a montré que les besoins en liquidités des banques commerciales restaient élevés : le taux de souscription a atteint 218,5%, avec une demande totale de 437 milliards de Fcfa. Ces offres de liquidité, avec une maturité de sept jours, permettent non seulement de réguler le flux de liquidités dans le système bancaire, mais également d'influencer les taux d'intérêt sur les crédits.

Stimuler la croissance

La multiplication des offres de liquidité de la Beac à un rythme quasi hebdomadaire, s’inscrit dans un contexte de modération de l'inflation. Les récentes données publiées dans le « Rapport sur la politique monétaire » de la Beac de juin 2024 montrent un léger fléchissement de la courbe. Au premier trimestre de 2024, l’inflation dans la Cemac a poursuivi sa tendance baissière amorcée depuis le deuxième semestre 2023, même si elle demeure toujours au-dessus de la norme communautaire de 3%. Ainsi, le taux d’inflation est revenu à 5,1%, après 5,6% au quatrième trimestre 2023. En glissement annuel, l’inflation dans la Cemac est ressortie à 4,5% à fin mars 2024, contre 4,8% à fin décembre 2023, après une accélération à 4,6% en février 2024, suite à la hausse des prix à la pompe décidée en février 2024 par les Autorités au Cameroun et au Tchad.

Lire aussi : Cemac : comment les multinationales bancaires freinent la transmission de la politique monétaire

Ainsi, les injections de liquidités visent à soutenir la reprise économique. En 2024, la croissance de la Cemac est prévue à 3,3% contre 2,3% en 2023. Une augmentation notable qui pousse la Beac à stimuler davantage l’activité économique. « Cet exercice est basé sur des simulations avec des hypothèses et des données macroéconomiques qui ont permis à la banque centrale de reprendre les opérations de réinjection des liquidités dans le circuit bancaire de la Communauté », expliquait le gouverneur de la Beac Yvon Sana Bangui, lors de la dernière session de son Comité de politique monétaire. Ainsi, en rendant la liquidité plus accessible, la banque centrale espère encourager les investissements et relancer la production, ce qui pourrait, à terme, aider à stabiliser l'inflation à des niveaux plus soutenables et booster la croissance.

Des défis subsistent

De plus, cette stratégie permet d’éviter un étranglement financier des banques commerciales, qui jouent un rôle crucial dans la distribution des crédits aux entreprises et aux ménages. Dans un environnement où l’accès au crédit est primordial, surtout dans les secteurs productifs comme l’agriculture et l’élevage, les établissements de crédit doivent avoir suffisamment de ressources pour répondre à ces besoins. L’enjeu principal pour la banque centrale est de gérer l’équilibre entre soutenir la croissance et contenir l’inflation. Cependant, des défis subsistent.

Lire aussi : La Beac maintient inchangés ses taux directeurs pour la 4e fois d'affilée

Les économies des pays de la Cemac restent vulnérables aux chocs extérieurs, notamment les fluctuations des prix des matières premières, qui constituent la principale source de revenus pour plusieurs de ces États. De plus, la Beac doit composer avec des gouvernements qui tentent de relancer leur économie tout en faisant face à des contraintes budgétaires sévères. C'est pourquoi la banque centrale doit agir prudemment, en surveillant de près les indicateurs économiques pour ajuster sa politique monétaire sans risquer de déstabiliser l'économie sous-régionale.

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