La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) anticipe des recettes de 586,6 milliards FCFA pour l’exercice 2026, selon le budget approuvé le 19 décembre à Bata par le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC). Ces prévisions, validées en amont par le conseil d’administration de l’institution, traduisent une lecture plutôt favorable de l’environnement financier régional, dans un contexte pourtant marqué par les fragilités budgétaires persistantes des États de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, RCA et Tchad).
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Les recettes de la BEAC proviennent principalement des produits financiers liés à la gestion des réserves de change, des revenus de placements, des commissions perçues sur les opérations avec le système bancaire. A ces ressources s’ajoutent les revenus générés par les opérations de politique monétaire. Le niveau projeté pour 2026 suggère ainsi une anticipation de stabilité de ces différentes sources, en particulier dans un contexte de normalisation progressive de l’activité bancaire régionale.
Excédent budgétaire
Ces recettes devraient largement dépasser les dépenses prévues, arrêtées à 333,3 milliards FCFA, permettant à la banque centrale de dégager un excédent budgétaire prévisionnel de 253,3 milliards FCFA. Un niveau élevé, représentant plus de 40% des recettes totales, qui illustre la stratégie de prudence financière de l’institution. Cet excédent renforce les marges de manœuvre de l’institut d’émission, notamment dans un contexte de renforcement structurel de la solidité financière de la Banque.
En juillet 2025, la BEAC a procédé à une augmentation substantielle de son capital social, désormais porté à 353 milliards FCFA, contre 132 milliards auparavant. Cette recapitalisation, réalisée intégralement par incorporation de réserves issues de bénéfices non distribués, traduit la volonté des États membres de consolider l’autonomie financière de leur institution monétaire commune.
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Cette opération fait suite à un bénéfice net record de 354,7 milliards FCFA enregistré en 2024, attribué par la BEAC à une maîtrise accrue des charges, à l’optimisation de ses revenus d’exploitation et aux réformes de gouvernance engagées sous l’impulsion du Centrafricain Yvon Sana Bangui. Dans ce contexte, les prévisions de recettes pour 2026 apparaissent comme la prolongation d’une dynamique financière favorable, tout en posant, en filigrane, la question de l’utilisation future de ces excédents dans une zone confrontée à d’importants besoins de financement de l’économie réelle.

