La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a infligé en 2025 des sanctions pécuniaires à plusieurs établissements de crédit et de microfinance de la CEMAC pour un montant de 669,1 millions FCFA, contre seulement 76,9 millions FCFA en 2024, selon les états financiers consultés par EcoMatin. Cette forte hausse (près de 592 millions FCFA en un an) marque un net rebond après plusieurs années de repli. Après un pic à 6,6 milliards FCFA en 2020, ces pénalités avaient progressivement diminué, revenant à 3,9 milliards en 2021, 4,4 milliards en 2022, puis chutant à 557 millions en 2023 et 76,9 millions en 2024, leur plus bas niveau récent, avant de repartir à la hausse en 2025.
Si les états financiers de l’institution ne précisent ni la nature exacte des manquements, ni l’identité des établissements sanctionnés, ces pénalités interviennent généralement pour des infractions liées au non-respect des règles prudentielles, aux défaillances de gouvernance ou encore aux obligations en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).
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Ces mesures s’inscrivent dans la continuité des actions de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), qui a intensifié ses contrôles ces dernières années. En 2024, le régulateur avait notamment prononcé 13 blâmes, ouvert 7 procédures disciplinaires et retiré 70 agréments d’établissements de microfinance, tout en sanctionnant certains acteurs pour des manquements à leurs obligations réglementaires.
Sur le plan financier, ces sanctions restent marginales dans les revenus globaux de la BEAC – moins de 3% des “autres produits” (24 milliards FCFA en 2025). Mais leur forte hausse peut traduire un durcissement de la discipline dans la sous-région, dans un contexte de surveillance accrue du secteur financier.

