La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a décidé, le 2 avril 2026, de maintenir inchangés l’ensemble de ses instruments de politique monétaire, à l’issue de la première session ordinaire de l’année de son Comité de politique monétaire (CPM), tenue à Yaoundé. Le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO), principal taux directeur de l’institution, reste fixé à 4,75 %, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal demeure à 6,25 %. Le taux de la facilité de dépôt est maintenu à 0 %, tout comme les coefficients des réserves obligatoires, inchangés à 7 % sur les exigibilités à vue et 4,5 % sur les dépôts à terme.
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Cette décision prolonge le tour de vis engagé en décembre 2025, lorsque la BEAC avait relevé ses taux de 25 points de base pour freiner l’érosion des réserves de change. Mais contrairement à la réunion précédente, l’institution monétaire a cette fois opté pour le statu quo, dans un environnement marqué à la fois par des incertitudes internationales persistantes, liées notamment au conflit au Moyen-Orient, et par des perspectives sous-régionales moins favorables, avec une croissance attendue à 2,9 % en 2026 contre 3,5 % en 2025.
Théoriquement, un tel ralentissement aurait pu justifier un assouplissement du coût du refinancement bancaire afin de soutenir le crédit à l’économie. Mais la banque centrale de la CEMAC semble avoir privilégié une lecture plus prudente des équilibres macroéconomiques de la sous-région. D’un autre côté, la dynamique des prix reste globalement maîtrisée. La banque centrale régionale anticipe une inflation moyenne de 2,3 % en 2026, après 2,1 % en 2025, soit toujours sous le seuil communautaire de 3 %.
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Le point le plus scruté reste en effet l’évolution des réserves de change. Selon les projections de la Banque centrale, le niveau des réserves devrait représenter 4,52 mois d’importations de biens et services à fin 2026, contre 4,22 mois un an plus tôt. Dans le même temps, le taux de couverture extérieure de la monnaie progresserait à 68 %, après 64,9 % en 2025.
Autrement dit, après le relèvement des taux de décembre dernier, la BEAC considère que la position extérieure de la CEMAC cesse progressivement de se dégrader, ce qui réduit la nécessité d’un nouveau durcissement monétaire.
Le maintien de taux directeurs élevés traduit également la volonté de la Banque centrale de ne pas relancer trop rapidement la liquidité bancaire, alors que la masse monétaire devrait encore croître de 11,1 % en 2026. Une baisse prématurée des taux pourrait en effet raviver la demande d’importations et exercer une nouvelle pression sur les devises, dans une zone où la stabilité du franc CFA repose sur la solidité des réserves extérieures.

