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Cemac : la Beac mise sur une nouvelle alternative pour contrer l’inflation

Face au besoin de résorber au mieux l’excès de liquidité bancaire sur le très court terme afin de réduire la composante de l’inflation qui viendrait de la monnaie, le Comité de Politique Monétaire autorise la banque centrale de la Cemac à émettre des Bons sur des maturités comprises entre 14 et 28 jours. Une décision adossée sur une volonté de stabilité face aux incertitudes mondiales.

La Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) maintient le cap de la stabilité monétaire avec le maintien de ses deux principaux instruments inchangés, à savoir le taux d’intérêt des appels d’offres qui reste à 5% et le taux de facilité de prêt marginal, qui est pour sa part reconduit à 6,75%. Une proposition de statu quo approuvée par le Comité de Politique Monétaire (CPM) de l’institution financière sous-régionale, réunit en sa quatrième session ordinaire de l’année le 12 décembre 2023.

Cependant, ce qui distingue cette réunion présidée par le Gouverneur de la banque Abbas Mahamat Tolli, est l’annonce d’une approche novatrice face à l’excès de liquidité persistant dans la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac) qui regroupe le Cameroun, le Tchad, la République centrafricaine, le Gabon, le Congo et la Guinée Equatoriale. Ainsi, l’institution financière est désormais autorisée à émettre des Bons sur des maturités comprises entre 14 et 28 jours.

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Cette mesure, approuvée après une analyse approfondie de la stratégie actuelle de gestion de la liquidité dans la Cemac, vise à accélérer la résorption de l’excès de liquidité bancaire sur le très court terme et mieux monitorer son évolution. Cette stratégie implique une collaboration étroite avec les banques de la région. Les établissements financiers seront invités à soumettre des offres de taux en fonction des montants de liquidité que la Beac prévoit de retirer du système. Cette démarche transparente vise à retrancher efficacement la liquidité excédentaire sans compromettre la stabilité du marché.

«Nous allons demander à la communauté des banques qui ont de l’argent à mettre à la banque centrale de nous proposer des taux, suivant les montants de liquidité que nous voulons retirer du système. Chaque banque va faire son enchère, et au final nous allons obtenir un taux et retrancher la liquidité excédentaire qui existe au niveau de ces banques. C’est un instrument qui n’a pas encore été utilisé et puisqu’il se fera avec la banque centrale, c’est une contrepartie sûre ; il ne comporte donc aucun risque», a expliqué le Gouverneur de la Banque.

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Réduire l’inflation

Abbas Mahamat Tolli a souligné que cette décision résulte d’une gestion proactive des incertitudes économiques mondiales et des risques spécifiques à la Cemac. «Nous essayons de gérer au mieux la liquidité pour réduire la composante inflationniste qui viendrait de la monnaie, et l’émission de Bons à court terme offre une solution agile à ce défi», a expliqué le dirigeant tchadien. Si la décision de maintenir inchangés les taux directeurs est destinée à combattre l’inflation au moyen du durcissement de l’accès au crédit bancaire, reste qu’elle n’a pour l’instant pas arrêté les tensions inflationnistes persistantes à 5,6% en moyenne annuelle en 2023, ni la croissance du financement de l’économie.

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Les banques, même sevrées de liquidités auprès de ses guichets de financements, poursuivent sereinement leurs activités d’allocation des ressources auprès des agents économiques. La Beac mise donc sur l’émission des Bons sur des maturités comprises entre 14 et 28 jours pour inverser la tendance.

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