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CEMAC : la forte croissance de l’encours de la monnaie électronique laisse planer un risque sur la liquidité bancaire  (BEAC)

C’est l’une des principales menaces que fait peser l’essor de la monnaie électronique sur le système financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, selon un récent rapport de la Banque centrale sur les services de paiement.

En 2022, plus de 2,3 milliards de transactions au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) ont été effectuées via les systèmes de paiement par monnaie électronique ou virements instantanés, soit une  augmentation de 20,66% par rapport à l’année précédente. Dans son rapport 2022 sur l’état des services de paiements dans les 6 pays qui forment cet espace communautaire, publié fin novembre dernier, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) indique qu’en valeurs, les transactions de monnaie électronique qui s’élevaient à 20 596 milliards Fcfa en 2021 ont dépassé 23 332 milliards Fcfa l’année d’après, soit une progression de +13,29%. Les opérations financières via le mobile money restent donc sur une pente ascendante d’année en année. Elles avaient déjà bondi de 14 822 milliards Fcfa en 2020 contre 11 335 milliards Fcfa en 2019. « La croissance observée est rendue possible grâce à une adoption qui s’accélère grâce aux agrégateurs et les principaux prescripteurs », souligne la Beac. Ainsi, au Cameroun par exemple, le paiement des frais d’établissement de passeports avec les instruments de paiement électronique et la généralisation du paiement des frais de scolarité via ce moyen contribuent fortement à cette croissance.

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Cette évolution de +10,28% en 2022, contre +50% en 2021, de l’encours de monnaie électronique dans la sous-région, c’est-à-dire, les sommes détenues par les utilisateurs (porteurs et distributeurs) dans les comptes de porte-monnaie électronique, analyse la Banque centrale, semble démontrer la confiance grandissante des populations envers ce moyen de paiement. Seulement, avise-t-elle, ces chiffres montrent qu’il y a un début de thésaurisation à travers les comptes de paiement du mobile money, qui sont devenus de véritables comptes de dépôt. Un règlement de la Cemac pris en 2011 encadre l’activité des services adossés à la monnaie électronique. Au Cameroun, par exemple, les deux principaux opérateurs de téléphonie mobile que sont Orange et MTN ont même obtenu en 2023, de l’autorité monétaire qu’est le ministre des Finances, des agréments pour opérer comme établissements de paiement. Mais, en l’état actuel de la législation communautaire, aucun texte ni disposition n’aborde la question de la thésaurisation via le mobile money.

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Le risque est donc réel que des agents économiques, dans un souci d’épargne, passent désormais par le mobile money pour maintenir hors du circuit monétaire d’importants montants. Il convient cependant, d’après la Beac, de relativiser cette appréciation au regard de la comparaison ou du rapport au chiffre d’affaires de l’activité. « Comme en 2021, l’encours de monnaie électronique sur les comptes en 2022 représente encore seulement 2% du total de la valeur des transactions de monnaie électronique. Ce qui montre que les comportements d’épargne et de décashing/dématérialisation de la conservation des valeurs monétaires ne sont pas encore acquis ». Même s’il importe de rester vigilant, la Banque centrale estime que l’activité de monnaie électronique est encore essentiellement un moyen de transfert ou de transport d’argent et non de d’épargne et de dépôt.

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