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Cemac : la part du Cameroun dans les projets intégrateurs

La Cemac a présenté pour le compte du Cameroun, trois projets que sont la construction du barrage de Chollet, l’interconnexion électrique Cameroun-Tchad et l’université inter-Etat avec le Congo.

Le ministre de l’Eau et l’Energie, Gaston Paul Eloundou, et son homologue de la République du Congo étaient en vidéoconférence ce lundi 26 octobre 2020, dans le cadre du comité de pilotage inter-Etat du projet d’aménagement du Barrage de Chollet. Lequel vise à terme la construction d’une centrale électrique sur le fleuve Dja pour alimenter les deux pays.

Au cours des travaux tenus en visioconférence, l’accent a été mis sur l’accélération du projet mis en œuvre depuis six ans sans réelle avancée. « Beaucoup d’efforts ont été consentis, mais il nous faut davantage faire mieux par la poursuite des activités de maturation du projet Chollet », déclarait Gaston Paul Eloundou.

Le projet de construction du barrage de Chollet est attendu depuis 2018 selon l’accord signé le 28 octobre 2010 entre les présidents Paul Biya et Denis Sassou Nguesso. Celui-ci prévoit  également la mise en place de deux lignes de  haute tension d’évacuation d’énergie respectivement de 700 km au Cameroun et 1500 km au Congo. Objectif : produire 600 mégawatts qui seront aussi utilisés pour une interconnexion projetée vers la RCA puis le Gabon et la Guinée équatoriale.

Le coût du projet d’aménagement hydroélectrique de Chollet et des lignes électriques est estimé 352 milliards de Francs CFA. Le financement mobilisé à ce jour est de 32,169 milliards de Francs CFA de la Banque africaine de développement (BAD). En 2015, les deux pays avaient signé un protocole d’accord de 2 milliards pour l’aménagement de cette infrastructure. Seulement, six ans plus tard, les seules avancées connues concernent principalement l’élaboration et la validation des termes de référence et le recrutement en cours d’un partenaire pour réaliser les études, la construction et l’exploitation en mode Built Operate and Transfer (BOT).

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Interconnexion Cameroun-Tchad

La mission de mobilisation des financements du Pref-Cemac est en quête de financements pour l’implémentation du projet de Chollet et d’une dizaine d’autres projets intégrateurs. Elle les a de ce fait présentés à des investisseurs privés internationaux à l’occasion du Paris infraweek qui s’est tenu du 05 au 08 octobre 2020. Rendez-vous est pris à Bruxelles les 16 et 17 novembre prochains pour la signature de neuf contrats de financement mais déjà deux projets ont trouvé financeur en la personne morale du Fonds de développement communautaire de la Cemac (Fodecc). Il s’agit des projets d’interconnexion électrique entre le Cameroun et le Tchad et celui relatif à la mise en place d’une université inter-Etats Cameroun-Congo (Uiecc).  

S’agissant de l’interconnexion Cameroun-Tchad, le projet est financé, sur prêt du Fonds africain de développement (FAD) au Cameroun et don au Tchad, à hauteur de 412, 979 milliards de Francs CFA pour une durée de remboursement de 25 ans. Il a déjà bénéficié d’un prêt concessionnel de 385 millions de dollars (environ 225 milliards de Francs CFA) de la Banque mondiale en juin, d’une convention de financement de 244,4 millions dollars (près de 150 milliards de Francs CFA), de la Banque africaine de développement (BAD) en avril, et de 30 millions d’euros (19,65 milliards de Francs CFA) de l’Union européenne en février 2019. Toutes choses qui avaient amené le ministère de l’Eau et l’Energie à annoncer que les financements sont bouclés.

Lire aussi : Projets intégrateurs : la Bdeac attribue l’échec aux Etats

L’interconnexion visée devrait permettre au Cameroun de commercialiser de l’énergie électrique chez son voisin au profit de 3,167 millions de personnes localisées dans 69 villes. Ce qui, selon la Société nationale d’électricité du Tchad (SNE) aura pour incidence de diminuer la production locale plus coûteuse. Un autre bénéfice attendu de ce projet est la baisse à la consommation du prix du Kilowatt d’électricité qui devrait passer de 30 ou 40 Francs CFA contre 100 Francs en 2008. Par simulation, cela pourrait induire des recettes de 38 milliards de Francs CFA sur 25 ans pour le Cameroun.

Les autres bénéfices de cette interconnexion sont liées à l’exploitation des infrastructures électriques, 1024 kilomètres de lignes haute tension (786 entre Ngaroundéré et Maroua et 238 km entre N’djamena, Bongor et Guelendeng), par la SNE, la Société camerounaise de transport d’électricité, l’Agence de l’électrification rurale et à l’opérateur Eneo ; et une économie sur les dépenses générées par les centrales thermiques de Garoua, Maroua et Kousseri dont les coûts de fourniture en gasoil sont d’environ 14 milliards de Francs CFA par an.

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Mais l’évolution du projet antérieur à l’année 2010, ne suscite qu’une satisfaction moyenne de la part des bailleurs de fonds, notamment la Banque mondiale. Et pour cause, depuis son lancement, les principales avancées consistent en la réalisation, depuis 2014, de la panoplie d’étude nécessaire à son implémentation. A ce jour, 7 Postes de distribution et transformateurs auraient dû être construits ou réhabilités au Tchad au même moment où 750 personnels auraient dû être recrutés ou formés à la maintenance des installations énergétiques selon la BAD.

Côté Cameroun, quelques 4 millions de personnes devraient bénéficier de l’énergie produite par la centrale de Warak (Adamaoua) au terme du projet d’interconnexion avec le Tchad.

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