Le gouvernement congolais, par la voix du ministre de l'Economie et des Finances brise le silence. Dans un communiqué signé ce 4 septembre, Jean-Baptiste Ondaye apporte des clarifications sur la situation du pays, en défaut de paiement sur le marché des titres publics de la Beac. Ce membre du gouvernement soutient que ce manquement, qui pourrait susciter une vague d'inquiétudes parmi les partenaires financiers et investisseurs, est dû à un dysfonctionnement technique qui a rapidement été résolu. « Ce défaut [de paiement], dû à un dysfonctionnement technique qui peut survenir dans le fonctionnement quotidien des services financiers, a vite été résolu normalisant ainsi la situation du Congo sur le marché sous régional », a-t-il écrit.
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Cette déclaration officielle intervient après la révélation d’un document exclusif consulté par EcoMatin, dans lequel le Trésor public congolais confirmait son incapacité à honorer deux paiements sur sa dette fin août 2024, un incident jamais observé depuis la création du marché des titres publics de la Beac. Le directeur général du Trésor congolais, Albert Ngondo, avait alors informé le ministre de l’Economie et des Finances de l’impossibilité d’émettre de nouvelles obligations en raison de l’incapacité à rembourser celles arrivées à échéance.
Une situation exceptionnelle et temporaire
Selon cette correspondance, le Congo n’a pas pu honorer des paiements à hauteur de 30,6 milliards de Fcfa entre le 27 et le 29 août, et craignait un nouveau défaut sur deux échéances prévues les 5 et 7 septembre 2024, pour un montant global de 21,3 milliards de Fcfa. Ces incidents traduisent des tensions de trésorerie persistantes, aggravées par une dette publique atteignant 99% du PIB à fin 2023. Et pourtant, malgré la situation, le ministre Jean-Baptiste Ondaye se veut rassurant, affirmant que les engagements du Congo seront respectés comme prévu. « Le ministre de l'Economie et des Finances tient à rassurer les partenaires techniques et financiers, les établissements de crédit, les Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT), les divers investisseurs ainsi que les populations de la volonté du Congo à respecter, à tout moment, ses engagements financiers », a déclaré le ministre dans son communiqué. Et de réaffirmer la détermination du Congo à poursuivre les réformes économiques et financières nécessaires pour assurer une gouvernance rigoureuse et une croissance durable.
Cette explication vise à calmer les investisseurs régionaux et internationaux, qui pourraient craindre une dégradation de la situation financière du pays. En effet, le marché des titres publics de la Beac, où le Congo détient 34,9% de l'encours global des titres en circulation au 31 mars 2024, pourrait être impacté par cet épisode. L'insolvabilité du pays pourrait remettre en question le mécanisme de sûreté par débit d’office mis en place par la banque centrale pour garantir les remboursements en prélevant automatiquement dans le compte du pays pour renflouer les comptes séquestres ouverts pour chaque emprunt. Cette situation soulève également des interrogations sur l'efficacité des mécanismes de prévention des défauts de paiement, surtout dans un contexte où les investisseurs régionaux et internationaux sont de plus en plus hésitants.

