Au Congo, les autorités ouvrent la voie à une éventuelle entrée du pays dans la filière régionale de l’aluminium. Le mercredi 8 octobre 2025, Denis Christel Sassou Nguesso, ministre de la Coopération internationale et de la Promotion du Partenariat public-privé, a reçu à Brazzaville une délégation d’hommes d’affaires russes conduite par Ilias Iskandarov, ambassadeur de la Fédération de Russie. « L’ambassadeur m’a présenté la société Rusal, l’un des leaders mondiaux de la production d’aluminium. Nous avons évoqué les possibilités de collaboration entre cette entreprise et la République du Congo, notamment à travers le mécanisme du partenariat public-privé », a indiqué le ministre sur ses réseaux.
Selon le membre du gouvernement, cette rencontre s’inscrit dans la stratégie de diversification économique engagée par Brazzaville, qui cherche à attirer des partenaires capables de transformer localement les ressources minières et énergétiques du pays. Une éventuelle implantation de Rusal permettrait de mobiliser des investissements dans la métallurgie et l’énergie, en s’appuyant sur le potentiel hydroélectrique national et sur les réserves minérales encore sous-exploitées.
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L’arrivée d’un acteur industriel de la taille de Rusal, basé à Moscou, dont le portefeuille d’actifs est estimé à plus de 14 milliards de dollars et la capacité annuelle de production avoisine 3,8 millions de tonnes d’aluminium primaire, viendrait rééquilibrer un secteur aujourd’hui dominé par le Cameroun, seul producteur d’aluminium au sein de la Cemac. D’après le rapport annuel 2024 de la BEAC, la production camerounaise s’est établie à 28,6 milliers de tonnes pour une valeur de 35,8 milliards FCFA, en repli de –39,3 % par rapport à 2023. Entièrement destinée à l’exportation, cette production ne représente plus que 0,9 % des exportations totales du pays, soit presque la moitié du volume enregistré en 2019 (53,2 milliers de tonnes).
Pour le Congo, les perspectives reposent notamment sur l’exploitation de nouveaux projets miniers pouvant alimenter la chaîne de valeur métallurgique. Parmi eux figure le projet de fer Zanaga, porté par une société australienne associée à des investisseurs chinois et américains, qui prévoit la production d’acier vert comprise entre 12 et 30 millions de tonnes par an dès 2026. Ce projet, couplé à la montée en puissance du réseau énergétique national pilotée par Eni, pourrait fournir les bases industrielles nécessaires à la production d’aluminium primaire, avec à la clé des recettes additionnelles pour l’État et une meilleure intégration du Congo dans les échanges régionaux.
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En toile de fond, Brazzaville et Moscou multiplient les signaux de rapprochement économique au-delà du seul dossier de l’aluminium. Déjà présentes dans les hydrocarbures congolais — notamment à travers des discussions avec Lukoil sur certains blocs offshore aux côtés d’Eni — les entreprises russes sont aujourd’hui engagées dans la construction d’un pipeline pétrolier reliant Pointe-Noire à Brazzaville (axe Pointe-Noire–Loutété–Maloukou-Tréchot). Ce projet, développé en partenariat public-privé avec des opérateurs russes tels que Zakneftegazstroy–Prometey, a fait l’objet d’accords techniques et de ratifications bilatérales en 2024.
Ces initiatives s’inscrivent dans la dynamique portée par la Commission mixte Congo–Russie, instance qui assure le suivi des projets bilatéraux et l’identification de nouvelles opportunités à fort potentiel dans les domaines minier, énergétique et industriel. En consolidant cette coopération, Brazzaville entend diversifier ses partenariats stratégiques tout en renforçant sa capacité à capter davantage de valeur ajoutée issue de l’exploitation de ses ressources naturelles.
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