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CEMAC : le Gabon rate, une nouvelle fois, sa levée de fonds sur le marché régional de la dette

Une situation qui met en lumière le durcissement des conditions d’emprunt et la méfiance croissante des investisseurs.

Publiée mercredi 7 mai 2025 à 15:45:15Modifiée lundi 21 juillet 2025 à 00:18:16Temps de lecture 3 minPar Mairamou Abdou

Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République du Gabon

Le 30 avril dernier, le Gabon a émis des Bons du Trésor Assimilables (BTA) de 26 semaines sur le marché des titres publics de la BEAC, avec pour objectif de mobiliser 7,5 milliards FCFA auprès des investisseurs domestiques. Selon les résultats publiés par la Banque centrale, l’opération n’a permis de réunir que 2,4 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 39,2 %. Pourtant, Libreville a proposé un taux d’intérêt de 6,45 %, alors que certains investisseurs avaient pondéré le risque jusqu’à 6,75 %. Une semaine, plus tôt, le pays n’avait pas réussi à lever le moindre franc lors de trois émissions obligataires consécutives.

Cet échec répété constitue un signal préoccupant pour l’accès du Gabon au financement intérieur. Malgré des besoins de financement croissants, les investisseurs – essentiellement des banques commerciales agréées en tant que Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) – adoptent une posture plus prudente face aux émissions souveraines en zone CEMAC. Et Libreville n’est pas le seul à subir cette frilosité.

Lire aussi : Titres publics : les investisseurs boudent les emprunts du Gabon après la présidentielle

Le Cameroun, qui cherchait à lever 15 milliards FCFA sur un BTA à 52 semaines le 28 avril, n’a recueilli que 10,6 milliards FCFA, avec un taux d’intérêt moyen pondéré de 6,75 %. Le Tchad, quant à lui, n’a levé que 19,6 milliards FCFA sur une émission visant 25 milliards FCFA à 26 semaines de maturité. Ces contre-performances traduisent un durcissement des conditions d’emprunt en zone CEMAC, dans un environnement marqué par une inflation élevée et une volonté accrue des banques commerciales de réduire leur exposition aux dettes souveraines.

Alors que le Gabon traverse une transition politique, la mobilisation des fonds devient un défi crucial pour l’exécutif. Le pays prévoit de lever 977,5 milliards FCFA sur le marché régional en 2025 afin de combler son déficit budgétaire. Avec un taux d’endettement dépassant 70 %, le Trésor public gabonais est en quête de crédibilité auprès des bailleurs de fonds. Pour restaurer cette confiance, le président Brice Clotaire Oligui Nguema s’appuie sur Henri-Claude Oyima, nouveau ministre d’État en charge de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, ainsi que de la lutte contre la vie chère. Fort de plus de 40 ans d’expérience dans le secteur financier, ce dernier aura pour mission de stabiliser la situation budgétaire et piloter les réformes économiques du nouvel exécutif.

Lire aussi : Gestion de la dette : Comment le Gabon a mobilisé 1 400 milliards FCFA sur le marché de la CEMAC

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