Dans son rapport d’avril sur les "Perspectives économiques en Afrique subsaharienne", le Fonds monétaire international (FMI) dévoile ses prévisions de croissance pour les pays de la région en 2026. Au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), l’institution de Bretton Woods prévoit un taux de croissance de 3 % pour 2026, contre 2,6 % l'année précédente, soit une progression modérée de 0,4 point.
Dans le détail, le Tchad afficherait la performance la plus dynamique de la zone avec une croissance de 5,2 %. Bien qu'en repli par rapport aux 5,6 % de l'année précédente et en deçà d'un point de l'objectif fixé par N'Djamena, ce chiffre représente plus du double des 2 % enregistrés en 2021. Si le FMI ne détaille pas les causes de ce ralentissement, il s'inquiète de ce que « le Tchad, premier pays d’accueil de réfugiés par habitant en Afrique, pourrait voir ses rentrées d’aide divisées par deux au cours de l’année à venir, ce qui compromettrait gravement l’aide humanitaire vitale tant pour les camps de réfugiés qu’il accueille que pour sa propre population ».
Les perspectives du Tchad reposent probablement sur la matérialisation du Plan national de Développement (PND) 2025-2030, doté d'un budget ambitieux de 18 000 milliards de FCFA. Suite à la Table ronde d'Abou Dhabi en novembre 2025, le pays de Toumaï a sécurisé 64,4 % des engagements financiers, laissant 35,6 % du budget encore à mobiliser.
Le Cameroun, locomotive de la Cemac, verrait sa croissance progresser de 0,2 point pour s'établir à 3,3 % en 2026, une prévision prudente comparée aux 4,2 % visés par Yaoundé. Le décalage entre les projections du FMI et les ambitions nationales est encore plus marqué au Gabon et au Congo.
Lire aussi : Le Tchad obtient plus de 11 500 milliards FCFA de promesses d’investissement à Abu Dhabi
À Libreville, alors que le gouvernement table sur 6,5 %, le FMI ne prévoit que 2,7 % soit 0,2 point de plus en glissement annuel. De même, Brazzaville anticipe une accélération à 5,3 %, quand l'institution de Bretton Woods projette une hausse plus modeste à 2,8 % (+0,4 point). Enfin, la Guinée Équatoriale amorce une lente amélioration mais demeure en zone de turbulence : après une récession de -6,4 % en 2025, elle devrait enregistrer une croissance négative de -2,7 % du PIB en 2026.
Lire aussi : Recettes, dépenses, dette, salaires… : les grandes lignes du budget 2026 du Tchad

